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Coupé Décalé

2014 - Réalisateur-rice : Caïozzi, Denis

Chorégraphe(s) : Orlin, Robyn (South Africa) Carlès, James (France)

Déposé par Maison de la Danse de Lyon

en fr

Coupé Décalé

2014 - Réalisateur-rice : Caïozzi, Denis

Chorégraphe(s) : Orlin, Robyn (South Africa) Carlès, James (France)

Déposé par Maison de la Danse de Lyon

en fr

Coupé Décalé

À propos du coupé-décalé...
 Le projet Coupé-décalé est une pièce chorégraphique en deux actes.

Dans une première partie intitulée I Am Not A Sub-culture, Rather A Gallery of Self-Portraits with A History Walking in Circles, Robyn Orlin signe un solo avec et pour James Carlès, danseur chorégraphe et initiateur de ce projet autour du coupé-décalé.
La deuxième partie, On va gâter le coin ! est consacrée à une mise en scène du coupé-décalé proposée par James Carlès et ses cinq danseurs.

[Le terme coupé-décalé vient d’une forme de danse traditionnelle de Côte d’Ivoire : l’Akoupé, du groupe ethnique Attié. Croisant la rumba congolaise, le hip-hop, les musiques caribéennes et les chansons populaires françaises, le coupé-décalé apparaît au début des années 2000 à Paris dans les milieux ivoiriens.]

Extrait de programme

« Dès l’origine du projet, j’avais souhaité une collaboration artistique, avec un chorégraphe / metteur en scène très expérimenté, et intéressé par les questions de l’altérité. Je ne concevais ce projet que dans le dialogue, l’échange et les regards croisés. J’avais très envie de prendre la plus grande distance possible sur ces problématiques sociétales que je connais bien et dans lesquelles je me sentais très impliqué. C’est tout naturellement que Robyn Orlin a été contactée et c’est tout aussi naturellement qu’elle a accepté de s’investir sur ce projet.

L’acte 1 : Rendre visible, ce qui est invisible...

Dans l’acte 1, Robyn Orlin après de nombreuses discussions et ateliers, a choisi de s’inspirer de mon histoire personnelle (familiale et culturelle) pour “fabriquer” le solo. Les images sont réelles, mais les histoires et personnages sont fictifs. Le solo questionne l’altérité en Europe (France), les relations inter-culturelles, les questions de légitimation territoriale. Que savons nous réellement des “Afro-Européens”? (Afro-Français?), Quelle lecture avons nous d’eux ? de leur expressions ? Relions-nous nos histoires communes ? etc. Autant de questions qui nous ont amené à concevoir avec beaucoup d’humour et d’amour ce premier acte... L’acte se construit autour de la SAPE (Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes), et du personnage de SAPEUR car c’est un des points d’ancrage du coupé- décalé.

L’acte 2:“Textepublic”/“Textecaché”et polysémie...


Dans l’acte 2, je souhaitais mettre en scène de vrais danseurs de coupé-décalé en utilisant leurs propres codes gestuel, vestimentaire, langagier... Mes voyages et recherches sur les danses sociales des afro-descendants, m’ont fait découvrir le sens éminemment politique de toutes ces danses. Elles naissent, se développent et s’épanouissent dans des contextes sociaux et (géo)politiques bien déterminés. La lecture du geste nous montre à quel point ces danses sont de vraies empreintes ou marqueurs de nos histoires sociétales (dissentiment/assentiment).
Je n’ai pas compris le coupé-décalé lorsque j’y ai été confronté pour la première fois. J’y étais plutôt hostile. C’est plusieurs années plus tard, à la suite d’un échange avec de jeunes pré-ados d’un collège de Nantes que j’ai compris qu’il se passait quelque chose. J’ai effectué des “voyages d’études” dans des villes françaises dont Marseille et Paris, puis un séjour en Côte d’Ivoire. Je me suis aperçu du “double langage” des coupeurs décaleurs. Ce qui est dit en public, ce qui est donné à voir au plus grand nombre n’est pas du tout ce qui est adressé aux initiés. Cette démarche m’a évoqué les danses de résistance que l’on a pu observer dans les sociétés esclavagistes ou coloniales.
D’autre part, j’ai aussi observé que chez les danseurs de coupé-décalé, le champ sémantique est tout aussi volontairement brouillé. En effet, le même geste peut avoir plusieurs significations.
C’est cette réalité qui m’a inspiré l’écriture du quintet. Les images vidéo sont issues de la réalité. Charles Rostand et moi-même les avons toutes tournées à Abidjan. Elles ont par la suite été “recrées” abstraitement et mises en correspondance avec les scènes chorégraphiques. Ces images évoquent le monde urbain, le maquis, le glo glo (bidonville), les femmes, et les nombreuses projections qui sont faites sur elles, l’histoire coloniale... autant de textes cachés que l’on découvre dans le coupé-décalé, et que l’image vidéo convoque métaphoriquement.
L’acte 1 et l’acte 2 constituent les deux faces d’une seule et même carte... Fouka-fouka ! »

 James Carlès

Générique

Acte 1 : I Am Not A Sub-culture, Rather A Gallery of Self-Portraits with A History Walking in Circles

Chorégraphie : Robyn ORLIN
Interprétation : James CARLÈS
Vidéo : Pierre SASSO
Lumière et régie : Arnaud SCHULZ

Acte 2 : On va gâter le coin !

Chorégraphie : James CARLÈS
Interprétation : Brissy AKEZIZI, Clément ASSÉMIAN, Gahé BAMA, Franck SERIKPA, Stéphane MBELLA
Vidéo : Charles ROSTAN
Musique : James CARLÈS, 
Charles ROSTAN
Lumière et régie : Arnaud SCHULZ

Réalisation vidéo : Denis Caïozzi
Production : 24 images

Orlin, Robyn

Née en 1955 à Johannesburg, Robyn Orlin a bénéficié de bourses d'études à Londres (London Contemporary Dance School) puis à Chicago (School of Art Institute).


 Depuis sa première performance à Johannesburg en 1980, elle est devenue, tout en tentant de redéfinir la chorégraphie et l'art de la scène dans son pays, une des chorégraphes les plus engagées contre l'apartheid.


 Partant du principe que « la danse est politique », elle prend en considération dans ses créations la situation sociale et culturelle de l'Afrique du Sud : ses influences, son histoire, ses clivages et ses ruptures. La chorégraphe crée ainsi « une danse iconoclaste qui met les pieds dans le plat », une danse - chronique de la société sud-africaine d'aujourd'hui maniant avec talent l'ironie et la dérision, une danse brassant sans vergogne références et identités, alliant les cultures traditionnelles populaires et la radicalité des avant-gardes, une danse capable de briser la frontière artistes – public en remettant le spectateur au cœur de la création.


 Robyn Orlin vient pour la première fois en France en avril 2000 à l'invitation de la Filature, scène nationale de Mulhouse avec « Daddy, I've seen this piece six times before... »
 La reconnaissance est immédiate : Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint- Denis, Festival Montpellier danse,Théâtre de la Ville, puis des tournées dans le monde entier.


 En 2004, Robyn Orlin participe à l'inauguration du Centre national de la danse à Pantin et crée un solo pour Sophiatou Kossoko dans le cadre du Vif du Sujet.

De septembre 2005 à la fin 2007, Robyn Orlin est accueillie en résidence au Centre national de la Danse de Pantin. En 2005 elle crée « When I take off my skin and touch the sky with my nose, only then I can see little voices amuse themselves... » pièce avec 6 chanteurs d'Opéra sud-africains, puis durant l'été, « Hey dude... i have talent... i'm just waiting for god...,» un solo pour la danseuse-chorégraphe Vera Mantero. « Dressed to kill... killed to dress ...” pour des Swenkas sud-africains, est créée en février 2008 au Festival Dance Umbrella de Johannesburg et est présentée en tournée européenne (Paris, Liège, Luxembourg, Bruxelles, Vienne ...). Robyn Orlin créée une mise en scène de “Porgy & Bess” à l'Opéra Comique à Paris en juin 2008. “Walking next to our shoes... intoxicated by strawberries and cream, we enter continents without knocking...” met en scène les chanteurs de la chorale Phuphuma Love Minus et est créée en février 2009 au festival Dance Umbrella de Johannesburg et reprise dans le cadre du Festival Banlieues Bleues au Théâtre Gérard Philippe de Saint Denis. En septembre 2009, Robyn Orlin crée une pièce au Louvre, avec huit gardiens du musée : “Babysitting Petit Louis”. En 2010, elle crée un solo avec le danseur de hip-hop Ibrahim Sissoko : “Call it... kissed by the sun... better still the revenge of geography” et reprend “Daddy...” au festival Les Hivernales à Avignon et à la Grande Halle de la Villette à Paris.


Les titres et récompenses que reçoit Robyn Orlin pour son travail sont nombreux. En 1999, elle obtient le troisième prix aux Rencontres chorégraphiques de l'Afrique, et en 2000 le prix Jan Fabre de l'œuvre la plus subversive aux Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis. Robyn Orlin a été nommée Chevalier dans l'Ordre National du Mérite le 28 février 2009 par Denis Pietton, Ambassadeur de France à Johannesburg.


En savoir plus

Ressource électronique de la médiathèque du Centre national de la danse
http://mediatheque.cnd.fr/spip.php?page=mediatheque-numerique-ressource&id=PHO00003887

http://theartchive.co.za/robyn-orlin/

Site internet de l'artiste : robynorlin.com

Dernière mise à jour : septembre 2012

Caïozzi, Denis

Après des études de cinéma à Aix en Provence, il s’associe au  réalisateur Thierry Graton et crée avec lui une structure de production  qui lui permettra de lier ses deux passions a l’Opéra de Marseille,  Festival d’Aix, Festival d’Avignon, etc.


Au début des années 90, il rencontre Angelin Preljocaj qui va  l’initier à un monde qu’il ne connaissait pas : la danse contemporaine.  Ils travailleront sur une quinzaine de productions. Ensemble, ils  obtiennent en 1999 le grand prix du festival videodanse pour « Le parc ».


Depuis 2000, il est fréquemment sollicité pour des émissions de musique et de danse filmées en direct.
 

Sources : Université Rennes 2

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