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Choreographer

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It's not over until the fit phat fat lady sings

It's not over until the fit phat fat lady sings

It's not over until the fit phat fat lady sings

Dans cette troisième production – dont le titre s'inspire du dicton anglais « it ain't over till the fat lady sings »[1], rappelant que personne ne peut présager du dénouement d'un évènement en cours – la chorégraphe et metteuse en scène Hlengiwe Lushaba raconte le destin de trois femmes d'un petit village reculé. Sur scène, le narrateur introduit par ces phrases ce « conte moderne »[2]. «Dans un petit village, loin loin, vivaient trois énormes femmes, Gcina, Nuh, Badigé. Ces trois grosses femmes partageaient une maison. Tout ce qu'elles savaient faire, c'était téléphoner, faire du shopping et manger. Elles aimaient tellement manger qu'elles n'avaient plus le temps pour rien d'autre. Les gens du village étaient inquiets du fait que ces femmes n'avaient pas d'autres amies qu'elles-mêmes. Certains pensaient qu'elles étaient honteuses de leur poids. Mais en fait elles étaient très fières de qui elles étaient et de leur apparence. » Se révèlant tour à tour griot, pasteur, rappeur, sergent-chef ou commissaire-priseur, le même narrateur se livre à une parodie de ventes aux enchères pour vendre au plus offrant  – et en quelques sortes « en pièces détachées » – un portrait grinçant et caricatural de l'Afrique, du danseur traditionnel africain aux colons en passant par le désert à dos de chameau et la mafia africaine.

A travers cette revue totale aux accents de cabaret, c'est la crise identitaire post-apartheid que H. Lushaba dépeint et la feuille de salle qui accompagne le spectacle explicite le propos de la chorégraphe en ces termes : « Et maintenant, que se passe-t-il ? Maintenant que nous en sommes-là, où irons-nous demain ? Deux questions récurrentes dans un travail qui parcourt tour à tour les terrains de la religion, de la politique ou les territoires identitaires. (...) Comment se confronter à un présent orphelin d'une histoire occultée, volée à la majorité noire ? Comment nier un héritage colonial, celui de l'apartheid, dont les implications mentales, sociales, économiques et culturelles sautent à la gorge chaque jour ? Comme si l'Afrique du Sud avait pu, au nom d'une hypothétique réconciliation, faire table rase en une décennie d'un passé de plusieurs siècles... Alors oublier ? Non, décidément, Hlengiwe ne saurait oublier ni un frère activiste politique exécuté, ni le regard vaguement inquiet des dames blanches sur leur sac à main dans les ascenseurs des galeries commerciales...»[3]

En 2005, la pièce tourne en Europe au Festival de Liège (Belgique), au Festival Afrique noire à Berne (Suisse) et au Centre national de la danse à Pantin (France).


[1] Littéralement : « Rien n'est fini tant que la grosse femme n'a pas chanté »
[2] M.L.G, La Libre Belgique, 25 janvier 2005.
[3] Virginie Dupray, programme du Centre national de la danse, juin 2005.


Extrait de programme

Depuis l'abolition de l'apartheid en 1991  et l'installation progressive de la démocratie, on aurait tendance à penser que tout est résolu en Afrique du Sud, que les Noirs ont retrouvé une place égale à celle des Blancs. Que tous les citoyens de la nation qui se dit arc-en-ciel (rainbow nation) vivent dans l'égalité, la fraternité. Or la richesse reste blanche, la pauvreté, noire. Et toutes les responsabilités ne sont pas mises à jour, ce qui vole le peuple noir d'une partie de son histoire. En résumé, être noir n'est toujours pas facile en ce pays. Alors quand, en plus, on est une grosse femme comme au moins deux blanches, on peut se demander quelle place on occupe dans une pareille société. Et quand on aime porter des cyclistes et juste un soutien gorge ? Est-ce qu'on est belle, laide, autre chose ? C'est autour de ces questions identitaires, politiques et de bien d'autres que s'est construit librement le spectacle de la chorégraphe Hlengiwe Lushaba que l'on verra pour la première fois en Europe. Librement parce que celle qui ose dire – avec toute l'audace de son jeune âge (à peine plus de vingt ans) – qu'elle ne comprend rien à la danse, n'a pas mis que de la danse dans la représentation. On y trouve pêle-mêle trois drôles de dames bien en chair qui se baladent avec un téléphone portable, deux danseurs qui ne cessent d'avancer et de reculer, un diseur de slam (cette poésie urbaine proche du rap né aux Etats-Unis) habillé en pasteur, le tout entraîné par le chant des fat ladies et leur voix magique (elles chantent aussi bien le gospel que les chants zoulous) et par des percussions endiablées.

Festival de Liège, 2005


Dernière mise à jour : juin 2013

Lushaba, Hlengiwe

Née à Kwa-Mashu, township de Durban (Afrique du Sud), Hlengiwe Lushaba Madlala est actrice, chanteuse, danseuse et chorégraphe.

Elle étudie le théâtre au Tecknikon Natal, actuel Durban Institut of Technology (DUT), et se spécialise en danse, théâtre, chant et comédie. En 2001, elle crée sa première pièce « Sacraments » pour le festival Jomba! de Durban. En 2002, elle crée « It's not over until the Fit Fat Phat Lady sings » originalement pour le programme EDGE sous la direction de la Siwela Sonke Theatre Dance Company. En 2005, elle présente « Is this Africa put a cross on the appropriate woman » à Paris lors des Rencontres chorégraphiques de l'Afrique et de l'Océan Indien et au festival Dance Umbrella (Johannesburg).

Elle est lauréate du Standard Bank Award for Dance en 2006 et présente lors du National Arts Festival de Grahamstown, la pièce « Ziyakhipha Come Dance with us » qui remporte l'année suivante le Gauteng MEC Choreographic Award. Elle crée « Lest we forget » présenté au festival Dance Umbrella de Johannesburg en 2007. En novembre 2013, elle monte le projet « Highway to Heaven/Paradise Road » sous-titré « a simple tale of colonial exploitation » aux côtés de son complice Sduduzo Majola, déjà présent dans ses précédentes créations (« It's Not Over Until the Fit Fat Phat Lady Sings », « Ziyakhipha Come Dance With Us », « Lest We Forget »).

Interprète aux multiples talents, elle participe à la création de « Trapped », une pièce écrite et mise en scène par sa compatriote Princess Zinzi Mhlongos abordant la notion de genre, créée en 2012 au National Arts Festival de Grahamstown et présentée au Festival de Salzbourg (Autriche). Elle collabore avec le chorégraphe congolais Faustin Linyekula pour « What is black music anyway Self Portraits » (2012) et interprète « Baron samedi » (2011) pour le chorégraphe français Alain Buffard. En 2013, elle mène la revue dans « Cabaret » à l'invitation de la troupe Via Katlehong.

En tant que chanteuse et actrice, elle interprète de nombreuses pièces musicales et théâtrales de la scène sud-africaine tels que « Far from the Madding Crowd », « Lost in the Stars », « Hair-spray the Musical », « African Queens », « The Girls in their Sunday Dresses », « Touch my blood », « Modus Vivendi » et « Curl up and dye ». Elle est également actrice pour le cinéma et la télévision, notamment dans la superproduction « District 9 » (2009) et la série « Gaz'lam » (2005).

Elle met en place le programme « Giving Back and Giving Thanks » en collaboration avec d'autres personnalités du spectacle pour lever des fonds au profit d'ONG à travers l'organisation de spectacles de bienfaisance.

En savoir plus

Blog de la chorégraphe :
http://hlengiwelushabamadlala.blogspot.fr/

Dernière mise à jour : février 2014

Centre national de la danse, Réalisation

Depuis 2001, le Centre national de la danse (CND) réalise des captations de ses programmations de spectacle et de pédagogie et crée des ressources à partir de ces représentations filmées (interviews, conférences dansées, rencontres avec des artistes, démonstrations, grandes leçons, colloques spécialisés, montages thématiques, etc.). 

It's not over until the fit phat fat lady sings

Chorégraphie : Hlengiwe Lushaba

Interprétation : Sifiso Majola, Hlengiwe Lushaba, Gcina Vilakazi, Nu Malinga, Johanna Molotsi, Rudi Cube, Hlubi Kwebulana

Durée : 56 minutes

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