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Nouveau souffle : La jeunesse du XXIème siècle entre dans la danse

Pour la Biennale de la danse 2021, les Usines Fagor présentent des œuvres inclusives montées par des créateurs partis à la rencontre de la jeunesse pour explorer de nouvelles expériences sensibles, souvent pluridisciplinaires et en collectif. Les publics navigueront dans chacun de leurs univers, portés par des adolescents, étudiants ou jeunes amateurs. C'est l'occasion de penser à la place de la jeunesse dans la danse d'aujourd'hui : Qui sont ces artistes qui créent en collectif, qui pensent la société et la transposent sur scène, qui redessinent les frontières du spectacle vivant et invitent les jeunes à entrer dans la danse ? Nous proposons une réponse dans cette exposition en réalisant un tour d'horizon des artistes présents pour la Biennale de la danse 2021. 

Co-construire en collectif

Travailler en collectif, c'est un peu redéfinir les règles de la création : on transforme les rapports traditionnels entre interprète, auteur, chorégraphe et spectateur. On mutualise les talents, on mutualise les moyens, on signe ensemble. Deux collectifs, présents dans la programmation de la Biennale et actuellement à la tête de Centres Chorégraphiques Nationaux, expliquent à leur manière ce que cela signifie pour eux. 

 a. (LA)HORDE, un collectif à trois à la direction du Ballet de Marseille

  « Ça demande une énergie folle d’être plusieurs, mais on va plus vite et plus loin. » #(La)Horde

 (LA)HORDE est un collectif de trois artistes : Marine Brutti, Jonathan Debrouwer et Arthur Harel. Pourquoi une Horde ? « Nous voulions trouver quelque chose qui symbolise vraiment le groupe, qui soit incisif et facile à retenir », répondent-ils à Rosita Boisseau. Ils ne parlent qu'au nom du groupe. Sur le site, pas de biographie individuelle, pas de « chef de meute ». 

Leur processus de création ? « C’est une discussion continue entre nous trois. Nous partageons sans cesse nos références personnelles, allons voir les mêmes spectacles, films et expositions, lisons les mêmes livres afin de nous constituer une mémoire commune du collectif. » 

> Source

« Ah, enfin ! Enfin quelque chose de nouveau dans la danse ! Quelque chose qui parle de ce XXIe siècle » #Le Point – Brigitte Hernandez 

 b. A Rennes, le collectif Fair(e) fait danser le CCNRB 

Bouside Ait Atmane, Johanna Faye, Céline Gallet, Marion Poupinet, Linda Hayford, Saïdo Lehlouh & Iffra Dia. Ces 5 chorégraphes sont des autodidactes, issus des danses urbaines. Ils reflètent une nouvelle génération de créateurs. Chacun apporte au collectif sa propre approche de la danse, sa technique et son histoire.

Le collectif comprend, en plus de ces cinq artistes, deux professionnelles reconnues : Céline Gallet et Marion Poupinet. Elles sont créatrices de la structure de production mutualisée, Garde-Robe, un outil novateur qui concentre les activités de producteur,  diffuseur et organisateur d’événements.   Tous réunis, riches de leurs différences et de leurs individualités artistiques, ils balaient le spectre des modalités d’écriture propres à leurs champs esthétique. 

Master Cypher - teaser

« En se nourrissant des contrastes esthétiques et de leurs divergences, de la riche diversité de leurs profils, de leur curiosité et leur intérêt pour toutes les démarches artistiques, ils lient l’institution et l’underground, la recherche et le plaisir de danser » #CP de la nomination du Collectif FAIR[E] à la direction du CCNRB 

S'approprier les problématiques de son temps

 a. L'actualité comme leitmotiv

Dans Room with a view, « La chorégraphie rencontre la musique pour raconter la souffrance et la légitime colère des générations actuelles qui cherchent à se fédérer pour se donner sens, dans les communautés de fête et de combat, débordées par les infinies violences du monde, qu’elles rejouent en boucle, dans leur chair, comme pour les exorciser » #Rone & (la)Horde pour 20minutes 

Pour Noé Soulier, nouveau directeur du CNDC d'Angers, les problématiques rencontrées aujourd'hui ou l’impact de nos modes de vie sur l’environnement ont été abordées par les artistes bien avant qu’elles ne deviennent des sujets de société centraux : « Les problèmes majeurs auxquels nous devrons faire face demain sont probablement en train de se dessiner dans les œuvres d’artistes de par le monde, sans que nous soyons capables de les identifier pleinement. De ce point de vue, il me semble qu’il faut rester conscient que l’on ne peut pas déterminer pleinement quels sont les sujets les plus urgents, au risque de se rendre aveugle aux mutations en cours. Ce qui est en train de se jouer sous nos yeux nous échappe toujours en partie ». (Philippe Noisette – www.sceneweb.fr)

b. La danse post-internet

2015, au Centre Pompidou de Paris : (La) Horde proposait Tout commence par une gavotte, un laboratoire chorégraphique sur la danse populaire (de la gavotte au jumpstyle !), en s’appuyant sur des tutoriels en ligne. Le collectif se positionne en effet dans la mouvance des artistes « post-internet ».   La génération d'aujourd'hui vit et apprend par le biais de flux d’images et d’informations du monde entier sur le web. C'est donc assez naturellement que pour la création de leur pièce To Da Bone, dans laquelle ils mettent à l’honneur le jumpstyle – pratique créée et diffusée sur et via Youtube, (la)Horde recrute ses danseurs via Facebook. 

(LA)HORDE - Tracks ARTE

Ce qui est intéressant dans la Hard dance, c'est que ses danseurs n'ont pas de rapport ascendant à l'apprentissage de la danse, ils y ont un rapport très « hétérarchique » : ils apprennent tout seul sur internet, face à leur écran et le partage avec leur communauté » #(LA)HORDE - Interview Nova

c. Réincarner le passé, le travail de Mémoire

Re:INCARNATION

Numeridanse.tv 2019

Chorégraphe(s) : Onikeku, Qudus (Nigeria)

 Qudus Onikeku est un jeune danseur et chorégraphe nigérian. Pour la création de son spectacle Re:Incarnation, il écrit dans son manifeste : « Alors, lorsque l'on repense à toute la violence que les peuples africains et noirs ont dû endurer dans le temps et dans l'espace ; tous les lynchages, la cruauté absurde (…), on peut se demander : qui, dans ce concept de réincarnation, est de retour ici et maintenant, dans ce nouveau corps qui porte en lui un certain nombre de souvenirs anciens ? (…) Comment pouvons-nous alors ne pas danser ? Quelle est la valeur d'une telle danse par des corps conscients ? Comment ne pas utiliser la performance comme un moyen de s’en emparer ? » 

S'affranchir des formats et des registres définis, mêler les genres et bousculer les règles

a. Ne pas revendiquer l'appartenance à un style de danse 

« Nous ne sommes pas au CCN pour amener une esthétique particulière, mais pour parler de la danse ou plutôt, des danses, sans cloisonnement »  #Ousmane Sy – Collectif Fair(e) 

POP-UP version XXL - déambulation urbaine (4 mai 2019)

Pour nombre d'artistes aujourd'hui, l'idée n'est plus d’apposer une étiquette sur le courant auquel ils appartiennent, ou le type de danse qu'ils pratiquent, mais « de dialoguer en transversalité avec les autres esthétiques, d’être en prise avec le réel. » (Ousmane Sy).

« J'ai compris qu'une performance est une expérience vraiment étrange, et lorsqu'elle est bien faite, une performance est une expérience qui n'a pas d'étiquette ou de désignation claire. (...) parfois ni nous-mêmes ni le public n’avons la capacité de saisir les mystères de ce qui est dit, fait ou ressenti, parce que cela va bien au-delà de ce que nous comprenons ou de ce qui est compréhensible. » Qudus Onikeku 

b. Noé Soulier : « les frontières entre les rôles sont de plus en plus poreuse » 

« Il s’agit pour moi de comprendre et de montrer ce qui se joue depuis quelques années dans l’approche du mouvement. Nous ne sommes plus dans l’opposition entre danse conceptuelle et écriture chorégraphique. » #Noé Soulier - Le Monde

« Il ne s’agit plus uniquement de maîtriser un large éventail de techniques, mais de développer un profil unique. » #Noé Soulier - Le Monde 

La Jeunesse comme matériau de création

a. Des pièces participatives avec les jeunes dans les Usines Fagor 

« Donner aux jeunes la possibilité d’être auteurs de leurs projets en étant accompagnés d’artistes, qui leur permettront de vivre des expériences artistiques personnelles » #Programme Biennale 2021

ENTROPICO [épisode 1]

CN D - Centre national de la danse 2019 - Réalisateur-rice : Haleb, Christophe

Chorégraphe(s) : Haleb, Christophe (France)

Depuis le projet de sensibilisation et de création que sa compagnie LA ZOUZE a mené à l’Hôpital Salvator auprès d’adolescents en souffrance, puis la création du solo Retour sur terre autour de l’adolescence, Christophe Haleb porte une attention particulière à la jeunesse et à la place qui lui est faite dans la société.
Avec Entropic Now, Christophe Haleb crée une installation cinéchorégraphique qui questionne la place des jeunes dans l’espace public : le spectateur erre dans un labyrinthe composée de récits visuels, de paroles, de documentaires. La pièce présente « les jeunes » selon ce qui les met en mouvement : colères, désirs, amours, frustrations sociales, conditions de vie, réalités, territoires mais aussi luttes et revendications.   le faire vivre avec différents publics. 

Apaches, de  Saïdo Lehlouh, propose un véritable espace d’expression pour des dizaines de danseurs, professionnels et amateurs. Rompu à l’exercice du spectacle de rue, le chorégraphe propose une forme participative centrée sur le b-boying, métissée d’autres styles (classique, jazz…). Dans chacune des villes où il partage cette expérience éphémère, une nouvelle distribution, afin de l’enrichir et le faire vivre avec différents publics. 

Apaches

CCN de Rennes et de Bretagne 2018 - Réalisateur-rice : Raphaël Stora

Chorégraphe(s) : Lehlouh, Saïdo (France)

Cher Futur Moi #2 Mattéo

Capsule de Mattéo, le 12 décembre 2017 à Damville. 

#CHERFUTURMOI#DANS10ANSCHALLENGE#10YEARCHALLENGE#DEARME#DEARFUTURSELF 

Depuis 2016,  Irvin Anneix invite des adolescents à se confier à leur « moi du futur ». Une petite capsule vidéo qui traversa les âges, où ils racontent et rappellent leurs envies, leurs peurs et leurs pensées du moment, à l'adulte qu'il deviendront dans cette prochaine décennie. 

Irvin Anneix, artiste multimédia et vidéaste, offre dans ces vidéos une documentation pure et brute sur l’adolescence, loin des clichés que l’on a sur cet âge.   

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