Uncles and Angels

2012
Année de création : 2012

 
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Uncles and Angels

création 2012

conception Nelisiwe Xaba

« Dans la tradition sud-africaine, la Danse du Roseau célèbre le respect des jeunes femmes et la préservation de la virginité avant le mariage. Après une interruption au milieu du siècle dernier, l'apparition du sida a relancé cette coutume à partir des années 1980. Aujourd'hui, cette cérémonie est même devenue une attraction touristique très prisée, notamment en Afrique du Sud et au Swaziland.

Partant de cette tradition, « Uncles & Angels » interroge la validité d'un interdit qui, prenant pour prétexte la pandémie liée au sida, fait peser une lourde contrainte sur les jeunes filles africaines. Face à un événement annuel rassemblant plus de 30 000 jeunes filles zouloues dont les costumes dévoilent largement les formes physiques, Nelisiwe Xaba voit surtout dans cette manifestation un moyen d'exacerber la violence sexuelle – chaque année, des danseuses sont agressées ou violées. Avec la complicité du vidéaste Mocke J van Veuren, elle montre dans ce spectacle comment un héritage culturel peut être manipulé au point d'en subvertir totalement la portée. Jouant grâce aux effets vidéo sur la juxtaposition de différentes temporalités, Nelisiwe Xaba réinterprète des mouvements de la Danse du Roseau mêlés à des simulations de tests de virginité envisagés comme les rêves ou les cauchemars d'une jeune fille. »

Source : extrait du dossier de presse du Festival d'Automne à Paris, 2013

Extrait de programme

« Il y a une caméra qui filme la danseuse en direct. Après, grâce au logiciel Isadora, nous pouvons démultiplier les personnages. La technologie nous permet de filmer en direct tout en projetant autre chose sur l'écran. Nous étions aussi intéressés par les possibilités de multiplier et de répéter, ce qui nous permet d'explorer des dynamiques de groupes participant à un rituel ; que ce soit en faisant partie du groupe ou en se tenant à l'extérieur. Comme beaucoup de ces rituels sont le fait de groupes, la multiplication et la répétition deviennent un élément important non seulement de la performance, mais aussi de l'apprentissage. » Source : extrait du dossier de presse du Festival d'Automne à Paris, 2013

Extraits de presse

« Je questionne aussi la façon dont certains hommes utilisent la confiance que les femmes et les enfants leur accordent pour les contraindre à des activités visant à satisfaire leur plaisir sexuel. D'ailleurs ce sont souvent des personnes proches, comme les "oncles", par exemple, qui abusent des femmes." [Nelisiwe Xaba] rappelle au passage le procès pour viol en 2005 du président actuel, Jacob Zuma, que l'une de ses victimes considérait comme un "oncle". Dans son solo, elle met face à face des femmes angéliques et des oncles prédateurs. »

Rosita Boisseau, « La "nation arc-en-ciel" se danse en Blancs et Noirs », Le Monde, 10 septembre 2013.

« La rage de Nelisiwe Xaba est rentrée mais intacte. Elle précise que l'Afrique du Sud a l'un des plus forts taux de viol au monde. "Et, bien souvent, on ne se soucie pas de la victime, la femme. Dans un autre solo, Scars and Cigarettes, je me suis intéressée au rite de passage à l'âge adulte chez l'homme. Je questionna la façon dont les garçons sont élevés. On se réfère à ce qu'il y avait avant. Je ne me souviens pas du temps où nous étions libéraux." La chorégraphe parle encore de cette résistance au changement qu'elle ressent autour d'elle. Et devine que ce retour à la tradition est un retour à la religion. "Notre Histoire n'est pas toute écrite. Il y a de grands doutes. Mon rôle d'artiste n'est pas tant de donner des solutions que de dire : peut-on juste en parler ?" ».

Philippe Noisette, Les Inrockuptibles, dans le supplément consacré au Festival d'Automne à Paris, 11 septembre 2013.

Générique

chorégraphie et interprétation Nelisiwe Xaba
vidéo Mocke J van Veuren
assistant Thami Manekehla
consultants Toni Morkel, Carlo Gibson
costumes Strangelove et Nelisiwe Xaba
musique Barry White (The Right Night), Amatshitshi Amhlophe (Isisho sabadala), Arthur (Hlokoloza)
design sonore Mocke J van Veuren

durée 35 minutes

Plus d'informations

http://theartchive.co.za/works/uncles-and-angles/

Elisabeth Schäfer, "Taking-Untaking", Scores, n° 4, mars 2014, p. 57-61 (téléchargeable sur le site de Tanzquartier - Vienne)

Dernière mise à jour : octobre 2013

Xaba, Nelisiwe

Nelisiwe Xaba est née et a grandi à Dube (Soweto). Formée à la Johannesburg Dance Foundation, elle débute sa carrière de danseuse à l'âge de vingt ans dans les années 90. En 1996, elle reçoit de nouveau une bourse d'étude et intègre la prestigieuse Ecole de Ballet et de Danse Contemporaine Rambert à Londres. Sous la direction de Ross Mckim, elle apprend différentes formes de ballets et de techniques de danse contemporaine.

En 1997, elle retourne en Afrique du Sud où elle rejoint la Compagnie Pact Dance. Elle travaillera ainsi avec plusieurs chorégraphes reconnus comme Robyn Orlin et enseigne à Johannesburg et à Bamako au Mali.

Travaillant au sein de divers projets multimédias et en collaboration avec des artistes visuels, des créateurs de mode, directeurs de théâtre et de télévision, poètes et musiciens, Nelisiwe Xaba collabore également avec des artistes visuels, notamment le plasticien Rodney Place pour le projet « Couch Dancing » (1998) au Market Theatre Gallery à Johannesburg et au Castle au Cap, et des metteurs en scène, notamment Sophie Loucachevsky dans « L'Homosexuel ou la difficulté de s'exprimer » de Copi.

Les pièces qui fondent son travail, « Plasticization » (2005) et « They Look At Me & That's All They Think » (2006), ont fait le tour du monde et ce, depuis plusieurs années. Inspirée du destin de la Venus Hottentote (Sara Baartman), cette dernière pièce, dont le titre à rallonge n'est pas sans évoquer ceux de R. Orlin, prolonge sa collaboration avec le plasticien et créateur de mode Carlo Gibson dit Strangelove. En 2008, elle travaille aux cotés de danseurs haïtiens sous la direction de Kettly Noël pour créer un duo intitulé « Correspondances »  qui tournera en Europe, Afrique et Amérique. En 2009, sa création « Black!...White? », produite par le Centre de développement chorégraphique (CDC) de Toulouse est présentée dans toute la France. La même année, elle crée « The Venus », combinant deux de ses solos, un plus ancien « They Look At Me » et une commande faite par le Musée du Quai Branly, « Sakhozi says non to the Venus », mise en scène par Toni Morkel.

En 2011, Nelisiwe Xaba devient l'une des artistes accueillie à la Galerie Goodman en Afrique du Sud. Nelisiwe a ensuite travaillé à la création d'une nouvelle pièce « Scars & Cigarettes » dans laquelle elle continue d'étudier les phénomènes de socialisation des hommes et des femmes. Elle se concentre particulièrement sur les différents rites de passage ou les rituels pratiqués exclusivement par des hommes. Elle débute ainsi une collaboration avec le réalisateur de films Mocke J. van Veuren, sur une musique de Nicholas Aphane, qu'elle poursuit avec la pièce suivante, « Uncles and Angels » (2013).

En 2013, Nelisiwe Xaba est sélectionnée pour présenter « The Venus in Venice » du 1er juin au 24 novembre 2013 à l'occasion de la 55ème biennale de Venise, au Pavillon Sud Africain.

Elle a remporté plusieurs prix aux Rencontres chorégraphiques internationales de l'Afrique et de l'Océan indien - Danse l'Afrique Danse (organisées à Paris, Carthage et Bamako par l'Institut français).

Plus d'informations

Site the Ar(t)chive

Annalisa Piccirillo, « Speaking with Nelisiwe Xaba : Re-dance a Body, Re-imagining a Continent », Anglistica, 2011, vol. 15, n° 1, p. 67-.77.
https://www.academia.edu/2898707/Speaking_with_Nelisiwe_Xaba

Zvomuya, Percy. « A perpetual revolution », Mail and Guardian, 26 février 2010

Mabandu, Percy, « Nelisiwe Xaba : Virgin Territory », http://www.citypress.co.za, 1er octobre 2013

Dernière mise à jour : février 2014

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