Errance - Don Quichotte, solo provisoire

Année de création : 2009

Enregistré au CND le 28 mai 2009

 
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Don Quichotte

création 2009

chorégraphie Dominique Boivin

« Don Quichotte » est considéré comme la première œuvre moderne, car en rupture avec la tradition narrative de son temps. C'est aussi l'une des œuvres les plus connues de l'humanité, sans doute l'une des plus populaires qui soit, qui continue, depuis 1605, d'exister et de cheminer dans l'esprit et l'imaginaire du public. Même sans avoir lu l'œuvre, tout le monde connaît la créature imaginaire de Cervantès, devenue une sorte d'archétype humain universel.

Pourquoi un artiste chorégraphe choisit-il de travailler sur la figure de Don Quichotte ?

Voici la réponse de Dominique Boivin :

« L'idée d'incarner Don Quichotte mûrit dans ma tête depuis plusieurs années. J'ai l'impression que c'est le moment pour moi de le convoquer, de l'habiter, de me confronter à ce personnage ancré dans notre mémoire collective.

Je pense "Don Quichotte" comme une errance sans fin dans un dédale proche du labyrinthe (symbole du parcours initiatique pour aller vers soi). À la fois héros et victime de ses obsessions, ce chevalier à la triste figure traverse un « chemin de croix » qui ressemble, de fait, plus à une banquise qu'à un jardin verdoyant.

Transcrire cette épopée sous la forme d'un solo peut paraître paradoxal au vu du foisonnement de personnages et de situations évoqués dans le texte. J'ai choisi ce parti-pris pour renforcer la solitude de Don Quichotte face à des mondes que lui seul crée et perçoit, le personnage de Sancho n'étant peut-être lui aussi qu'une fiction, que l'autre moitié d'un même cerveau, celui de Don Quichotte, la partie "sage" de lui-même qu'il ne convoquerait qu'épisodiquement afin de pouvoir pleinement vivre ses rêves.

En tant qu'interprète, danseur, performeur, je souhaite incarner Don Quichotte comme un sac d'os, vivre sa maigreur de façon organique, ne pas me préoccuper de la narration, des anecdotes, mais prendre à pleines mains le destin de ce "héros" pathétique, désuet, humain. »

Générique

conception, chorégraphie et interprétation Dominique Boivin assisté de Christine Erbé
création sonore
François Caffenne création vidéo Christoph Guillermet création lumières Éric Lamy décor Christine Erbé costume Diana Lemarchand
remerciements à
Bruno de Lavenère pour ses conseils sur la scénographie et à Jean-Marc Noël, Willy Defresne et Romy Deprez pour la réalisation du décor
réalisation
Centre national de la danse

durée 53 minutes

Dernière mise à jour : novembre 2010

Boivin, Dominique

Dominique Boivin suit une formation en danse classique, puis se dirige vers la danse contemporaine. Il découvre l'enseignement d'Alwin Nikolais par Carolyn Carlson et les danseurs du GRCOP (Groupe de recherche chorégraphique de l'Opéra de Paris). En 1978, sa première pièce « Quelle fut ta soif ? » remporte le prix de l'humour au Concours de Bagnolet. Été 1979, il crée pour le Festival d'Avignon un solo, « L'homme cheval », composé de gestes minuscules orchestrés de façon mathématique.

Il obtient en décembre 1979 une bourse d'étude d'un an pour une formation à New York où il suit les cours de Merce Cunningham, Douglas Dunn, Lucinda Childs et Meg Harper.

Invité à rejoindre la compagnie du CNDC d'Angers, alors dirigé par Alwin Nikolais, il rencontre plusieurs danseurs avec qui il crée en 1981 la compagnie Beau Geste.

Dominique Boivin alterne alors un travail d'interprète au sein de différentes compagnies (Grand Magasin/P. Murtin, F. Hiffler, DCA/P. Decouflé, Astrakan/ D. Larrieu) et de créations : « Belles de Nuit » (1991), « Carmen » (1992), « La Belle Etoile » (1993), « Cabaret Pataphysique » (1993). Le solo « La danse, une histoire à ma façon... » (1994, repris en 2000) expose avec brio une culture du geste subtile qui structure en sous-main ses chorégraphies. Il signe la chorégraphie des opéras « Orphée aux Enfers » (Genève, 1997) et « Les Amours de Bastien et Bastienne » (2002, Rouen, Paris), ainsi qu'une relecture du ballet « Casse-Noisette » pour le Ballet de l'Opéra de Lyon (2001). Parallèlement, il continue de créer pour la compagnie Beau Geste, « Petites histoires au-dessus du ciel » (1996), « Conte sur Moi » (2000), « Miniatures de l'Émoi » (2003).

Il collabore avec La Petite Fabrique en chorégraphiant le duo « Le Lion et le Rat » dans le cadre du projet Les Fables à la Fontaine (2002) et avec la compagnie Non de Nom/Pascale Houbin avec qui il signe « Bonté Divine » (2003) puis « Ni d'Ève, ni d'Adam » (2007).

Il aborde le spectacle de rue avec la création de « Transports exceptionnels » (2005) duo pour un danseur et une pelleteuse puis s'engage avec « À quoi tu penses ? » (2005) dans le rapport danse/théâtre autour des monologues de l'écrivain Marie Nimier.

En savoir plus

Ressource électronique de la médiathèque du Centre national de la danse
Dominique Boivin

Site internet de la compagnie
Compagnie Beau Geste

Dernière mise à jour : novembre 2010

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