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2002
Année de création : 2002

Pour cette installation, le solo d'Anne Teresa De Keersmaeker sur la musique de Steve Reich (Violin Phase) est projeté sur le sol recouvert de sable blanc.

 
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THIERRY DE MEY

Installation / 2002

Le solo d'Anne Teresa De Keersmaeker sur la musique de Steve Reich (Violin Phase) est l'une des premières pièces de la chorégraphe.

Cette danse hallucinée épouse les volutes et les processus de décalages infinitésimaux de la musique. Le trajet de la danse, filmé en plongée, s'inscrit dans du sable blanc sur sol noir : son trajet rendu visible, dessine comme un mandala en forme de rosace. - Pour l'installation Top Shot ces images sont projetées sur le sol de la salle d'exposition recouvert de sable blanc. Concept, film Thierry De Mey Choréographie, danse Anna Teresa De Keersmaeker Musique Steve Reich (Violin Phase) Violon George Alexander van Dam -
Production Rosas - Présentée lors de l'exposition ''XX jaar Rosas'' au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.

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www.charleroi-danses.be

Mise à jour : mai 2014

De Keersmaeker, Anne Teresa

En 1980, après des études de danse à l'école Mudra de Bruxelles, puis à la Tisch School of the Arts de New York, Anne Teresa De Keersmaeker (née en 1960) crée "Asch", sa première chorégraphie. Deux ans plus tard, elle marque les esprits en présentant "Fase, Four Movements to the Music of Steve Reich". En 1983, De Keersmaeker chorégraphie "Rosas danst Rosas" et établit à Bruxelles sa compagnie de danse Rosas. A partir de ces oeuvres fondatrices, Anne Teresa De Keersmaeker a continué d’explorer, avec exigence et prolixité, les relations entre danse et musique. Elle a constitué avec Rosas un vaste corpus de spectacles qui s’affrontent aux structures musicales et aux partitions de toutes les époques, de la musique ancienne à la musique contemporaine en passant par les expressions populaires. Sa pratique chorégraphique est basée sur les principes formels de la géométrie et les modèles mathématiques, l'étude du monde naturel et des structures sociales — ouvrant de singulières perspectives sur le déploiement du corps dans l’espace et le temps.

Entre 1992 à 2007, Rosas a été accueilli en résidence au théâtre de La Monnaie/De Munt à Bruxelles. Au cours de cette période, Anne Teresa De Keersmaeker a dirigé plusieurs opéras et de vastes pièces d’ensemble qui ont depuis intégré le répertoire des compagnies du monde entier. Dans « Drumming » (1998) et « Rain » (2001) — spectacles auxquels collabore l'ensemble de musique contemporaine Ictus — s’épanouissent de vastes structures géométriques, aussi complexes dans leurs tracés que dans leurs combinaisons, qui s’entremêlent aux motifs obsédants du minimalisme de Steve Reich. Ces fascinantes chorégraphies de groupe sont devenues des icônes, emblématiques de l’identité de Rosas. Au cours de sa résidence au théâtre de La Monnaie, Anne Teresa De Keersmaeker présente également le spectacle « Toccata » (1993) sur des fugues et partitas de J.S. Bach, dont l'œuvre constitue un fil rouge dans son travail. « Verklärte Nacht » (écrit pour quatorze danseurs en 1995, adapté pour trois danseurs en 2014) dévoile l'aspect expressionniste du travail de la chorégraphe en valorisant l’orageuse dimension narrative associée à ce sextuor à cordes de Schoenberg, typique du postromantisme tardif. Elle s’aventure vers le théâtre, le texte et le spectacle transdisciplinaire avec « I said I » (1999), « In real time » (2000), « Kassandra – speaking in twelve voices » (2004), et « D’un soir un jour » (2006). Elle  intensifie le rôle de l'improvisation dans sa chorégraphie en travaillant à partir de jazz ou de musique indienne dans des pièces telles que « Bitches Brew / Tacoma Narrows » (2003) sur la musique de Miles Davis, ou « Raga for the Rainy Season / A Love Supreme » (2005).

En 1995, Anne Teresa De Keersmaeker fondait l'école P.A.R.T.S. (Performing Arts Research and Training Studios) à Bruxelles en association avec La Monnaie/De Munt.

Les récentes pièces d'Anne Teresa De Keersmaeker témoignent d'un dépouillement qui met à nu les nerfs essentiels de son style : un espace contraint par la géométrie ; une oscillation entre la plus extrême simplicité dans les principes générateurs de mouvements — ceux de la marche par exemple — et une organisation chorégraphique riche et complexe ; et un rapport soutenu à une partition (musicale ou autre) dans sa propre écriture. En 2013, De Keersmaeker revient à la musique de J.S. Bach (jouée live, toujours) dans « Partita 2 », un duo qu’elle danse avec Boris Charmatz. La même année,  elle crée Vortex Temporum sur l’oeuvre musicale du même nom écrite en 1996 par Gérard Grisey, très caractéristique de la musique dite spectrale. L’ancrage de l’écriture gestuelle dans l’étude de la partition musicale y est poussé à un degré extrême de sophistication et favorise un méticuleux dialogue entre danse et musique, représenté par un couplage strict de chaque danseur de Rosas avec un musicien d’Ictus. En 2015, le spectacle est totalement refondu pour l’adapter au format muséal, durant neuf semaines de performance au centre d'art contemporain WIELS de Bruxelles, sous le titre "Work/Travail/Arbeid". La même année, Rosas crée « Golden Hours » (As you like it), à partir d’une matrice textuelle (la pièce « Comme il vous plaira » de Shakespeare) qui sert de partition implicite aux mouvements, affranchissant pour une fois la musique de sa mission formalisante et lui autorisant la fonction plus soft d’environnement sonore (il s’agit de l’album « Another Green World » de Brian Eno, 1975). En 2015 également, Anne Teresa De Keersmaeker poursuit sa recherche du lien entre texte et mouvement dans « Die Weise von Liebe und Tod des Cornets Christoph Rilke », une création basée sur le texte éponyme de Rainer Maria Rilke. Au début de 2017 l’Opéra de Paris invite la chorégraphe à mettre en scène « Così fan tutte » de Wolfgang Amadeus Mozart.

Dans "Carnets d'une chorégraphe", une monographie de trois volumes publiée par Rosas et les Fonds Mercator, la chorégraphe dialogue avec la théoricienne et musicologue Bojana Cvejić, et déploie un vaste panorama de points de vue sur ses quatre oeuvres de jeunesse ainsi que sur « Drumming », « Rain », « En Attendant » et « Cesena ».

Source : Site de la cie Rosas

Plus d'information

rosas.be

 

De Mey, Thierry

Thierry De Mey, né en 1956, est compositeur et réalisateur de films. L'intuition du mouvement guide l'ensemble de son travail, lui permettant d'aborder et d'intégrer différentes disciplines. Le postulat préalable à son écriture musicale et filmique veut que le rythme soit vécu dans le(s) corps et qu'il soit révélateur du sens musical pour l'auteur, l'interprète et le public.
Il a développé un système d'écriture musicale du mouvement, à l'œuvre dans certaines de ses pièces où les aspects visuels et chorégraphiques sont d'importance égale au geste producteur de son : "Musique de tables" (1987), "Silence must be !" (2002), "Light Music" créé à la Biennale Musiques en scène de Lyon en 2004.

Une grande partie de sa production musicale est destinée à la danse et au cinéma. Pour les chorégraphes Anne Teresa De Keersmaeker, Wim Vandekeybus et sa sœur Michèle Anne De Mey, il fut souvent bien plus qu'un compositeur, mais aussi un précieux collaborateur dans l'invention de « stratégies formelles » ? pour reprendre une expression qui lui est chère. Ses principales réalisations et compositions sont "Rosas danst Rosas", "Amor constante", "April me, Kinok" (chorégraphies A. T. De Keersmaeker) ; "What the body does not remember" et "Les porteuses de mauvaises nouvelles", "Le poids de la main" (chorégraphies de W. Vandekeybus), "Dantons Töd" (dir. Bob Wilson), "Musique de tables", "Frisking" pour percussions, un quatuor à cordes, "Counter Phrases", etc.

Il a participé à la fondation de Maximalist ! et de l'ensemble Ictus qui a créé plusieurs de ses pièces (dir : G. E. Octors). Sa musique a été interprétée par de grands ensembles tels que le Quatuor Arditti, le Hilliard ensemble, le London Sinfonietta, l'Ensemble Modern, le musikFabrik et l'Orchestre Symphonique de Lille. Les installations de Thierry De Mey où interagissent musique, danse, vidéo et processus interactifs ont été présentées dans des manifestations telles que les biennales de Venise, de Lyon et en de nombreux musées. Son travail a été récompensé de prix nationaux et internationaux (Bessie Awards, Eve du Spectacle, Forum des compositeurs de l'Unesco, FIPA…). Le film/installation "Deep in the woods" (2002-2004) réunit plus de 70 danseurs/chorégraphes. Pour le film "Counter Phrases" (2003-2004), 9 compositeurs répondent à son invitation danse/film : S. Reich, F. Romitelli, M. Lindberg, T. Hosokawa, G. Aperghis, J. Harvey, L. Francesconi, R. De Raaf et S. Van Eycken. En 2003, le processus de travail avec A. T. De Keersmaeker sur " a fait l'objet d'un documentaire "Corps accord" produit par Arte, qui a par ailleurs diffusé et coproduit la plupart de ses films.

En 2006, il a réalisé une installation d'après le conte de Perrault, "Barbe Bleue", et un film, "One Flat Thing reproduced" sur la chorégraphie de William Forsythe, diffusé sur Arte. En 2007, pour la Biennale de Charleroi Danses, il crée "From Insid"e, une installation interactive en forme de triptyque. A l'occasion de la Biennale 09 Charleroi Danses, il crée "Equi Voci", polyptique de films de danse accompagné d'un orchestre comprenant entre autres "Prélude à la mer", film basé sur l'une des plus belles chorégraphies d'Anne Teresa De Keersmaeker qu'il a tourné en Mer d'Aral en octobre 2009. Son dernier film en date, "La Valse", chorégraphiée par Thomas Hauert et ZOO, vient compléter et clore ce projet. Enfin, sa nouvelle installation "Rémanences", réalisée grâce à un procédé de captation par caméra thermique est créée en mars 2010 en Belgique et en France aux festivals VIA et EXIT.

Thierry De Mey est aujourd'hui artiste associé à Charleroi Danses, Centre chorégraphique de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Sa prochaine création, "Taxinomie du geste" (titre provisoire), est attendue pour novembre 2013 à l'occasion de la prochaine Biennale de Charleroi Danses.

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www.charleroi-danses.be

Dernière mise à jour : novembre 2012

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Charleroi Danses, Centre chorégraphique de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Charleroi Danses, Centre chorégraphique de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Institution de référence sur le plan international, Charleroi Danses est dirigé depuis 2006 par Vincent Thirion, intendant général et directeur artistique et compte 3 artistes associés qui aux côtés de ce dernier, contribuent à forger les orientations et la politique artistique du Centre : les chorégraphes Michèle Anne De Mey et Pierre Droulers et le compositeur et réalisateur de films de danse Thierry De Mey.

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