Singspiele

2016
Auteur : Marin, Maguy
Année de création : 2014

Des voix, des visages, des corps émergeant d’une pâte obscure, mus par une tension intérieure qui met en vibration tout l’espace. Maguy Marin est partie d’un travail aussi bien intérieur que spatial au cours duquel se conjuguent des devenirs.

 
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Singspiele

« L’histoire de chacun se fait à travers le besoin d’être reconnu sans limite ; l’amitié désigne cette capacité infinie de reconnaissance. Imaginer que ce besoin soit constamment celui d’autrui, que l’autre comme nous-même soit livré à cette exigence et acharné à obtenir réponse, qu’il se dévore lui-même et qu’il soit comme une bête si la réponse ne vient pas, c’est à quoi on devrait s’obliger et c’est l’enfer de la vie quand on y manque. Le chemin de la reconnaissance, c’est l’infini : on fait deux pas, on-ne-peut-pas-tout-faire, mais personne n’ose justifier autrement que par un petit cynisme le recul devant une telle tâche… »(1)
C’est à partir de ce fragment d’un texte de Robert Antelme que nous avons voulu dans ce travail donner place et attention à des visages, anonymes ou reconnaissables, qui, apparaissant, captent notre regard avec l’étrangeté d’une perception, inintelligible dans l’immédiat.
Travail d’écoute de ce que précisément ou confusément ces visages nous disent de leurs corps absents, l’histoire particulière que ces visages muets portent, et qui nous échappera toujours. Ils nous parlent d’un lieu que J.L.Nancy nomme « le parler du manque de parole »,  un lieu « d’avant ou d’après la parole » (2)
Quels mystères irréductibles se cachent derrière cette constellation de sensations qui nous arrive au contact d’autrui ? Du visage d’autrui? Une épiphanie qui déborde ses expressions, révélant alors l’invisible d'un individu singulier là devant nous.

(1) Robert Antelme : Les principes à l’épreuve, article paru le 14 juillet 1958 dans  la revue « le 14 juillet » créé par Dionys Mascolo et Jean Schuster repris dans « Robert Antelme -  textes inédits sur «  L’espèce humaine » essais et témoignages » - éditions Gallimard-

(2) Nancy, J.-L., Penser l’image, Paris, Les Presses du réel, 2010. p. 68-69

Source : ramdamcda.org

Générique

Conception : Maguy Marin 
Interprétation : David Mambouch
Scénographie : Benjamin Lebreton
Régie générale : Rodolphe Martin
Lumières : Alex Bénéteaud
Création sonore : David Mambouch
Son : Antoine Garry
Aide à la réalisation des costumes : Nelly Geyres
Production déléguée : Extrapole
Coproduction : Théâtre Garonne, Latitudes prod, Daejeon arts center, Marseille objectif DansE, Compagnie Maguy Marin, Ad Hoc, extrapole
Remerciements à : Mix'art Myrys et à l'Usine Tournefeuille - Toulouse Métropole.

Réalisation vidéo : Fabien Plasson
Production : Maison de la Danse - 2016

Marin, Maguy

Danseuse et chorégraphe née à Toulouse, Maguy Marin étudie la danse classique au Conservatoire de Toulouse puis entre au ballet de Strasbourg avant de rejoindre Mudra (Bruxelles), l’école pluridisciplinaire de Maurice Béjart. En 1978, elle crée avec Daniel Ambash le Ballet-Théâtre de l’Arche qui deviendra en 1984 la Compagnie Maguy Marin. Le Centre chorégraphique national de Créteil et du Val-de-Marne voit le jour en 1985: là se poursuivent un travail artistique assidu et une intense diffusion de par le monde.
En 1987, la rencontre avec le musicien-compositeur Denis Mariotte donne lieu à une longue collaboration.
Une nouvelle implantation en 1998, pour un nouveau Centre Chorégraphique National à  Rillieux-la-Pape. Un “nous, en temps et lieu” qui renforce notre capacité à faire surgir « ces forces diagonales résistantes à l’oubli » (H. Arendt).
L’année 2011 sera celle d’une remise en chantier des modalités dans lesquelles s’effectuent la réflexion et le travail de la compagnie. Après l’intensité des années passées au CCN de Rillieux-la-Pape, s’ouvre la nécessité d’une nouvelle étape à partir d’un ancrage dans la ville de Toulouse à partir de 2012. En janvier 2015, Maguy Marin et la compagnie retrouvent l'agglomération lyonnaise. Une installation à Ramdam à Sainte-Foy-lès-Lyon qui enclenche le déploiement d’un nouveau projet ambitieux : ramdam, un centre d’art.

Source  : Compagnie Maguy Marin

En savoir plus

compagnie-maguy-marin.fr

Lebreton, Benjamin

Après un cursus en architecture du paysage à Paris, Benjamin Lebreton intègre l’ENSATT en scénographie. Depuis, il travaille en France et à l’étranger comme scénographe pour le spectacle vivant. En particulier, il participe aux créations du chorégraphe Mourad Merzouki depuis 2005. En 2013, il entame une collaboration avec Maguy Marin avec «Singspiele». Il conçoit pour le théâtre des décors pour Phillipe Awat à Paris, Catherine Heargreave, Thomas Poulard, David Mambouch, les transformateurs ou encore Valerie Marinèse. En Allemagne, il a récemment participé avec la compagnie Scènes à la création de «Songe d’une nuit d’été» (W. Shakespeare) au StaatTheater de Wiesbaden. Parallèlement, il est aussi graphiste pour des évènements culturels et des compagnies.

Source: Pole-Sud CDC Strasbourg

Mambouch, David

Il a fait partie de la troupe permanente du TNP de Villeurbanne jusqu’en 2010, où il a participé à de nombreuses mises en scène de Christian Schiaretti. Il a également joué dans «Mère & fils» de Joël Jouanneau, mise en scène de Michel Raskine. Metteur en scène, il a dirigé le projet «Harold Pinter Club» et «l’Oracle de Saint-Foix». Auteur, il a écrit plusieurs pièces, dont «Kaveh Kanes», «Terrible et Noires Pensées», «Mains Fermes» qu’il a mis en scène au Théâtre Les Ateliers à Lyon. Sa pièce «Premières Armes» a été quant à elle mise en scène par Olivier Borle au TNP de Villeurbanne. Il écrit également des scénarios et réalise de nombreux courts métrages, dont «La Grande Cause», un film à épisodes co-réalisé avec Oliver Borle. Il a tourné pour le cinéma notamment aux côtés d’Agnès Jaoui dans «La Maison de Nina» (2004). Depuis 2012, il collabore avec la Compagnie Maguy Marin, en tant que réalisateur pour le film «nocturnes» autour de la pièce éponyme ; mais aussi comme interprète pour les reprises de «May B» et «Umwelt». En 2013, il crée avec Maguy Marin et Benjamin Lebreton le spectacle «Singspiele». En 2015, il crée et met en scène «Juan» au TNP de Villeurbanne.

Source: Pole-Sud CDC Strasbourg

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Dès sa création, la Maison de la Danse a fait preuve d’une conscience patrimoniale en mettant en place une politique de l’image. Une grande partie des spectacles programmés sont filmés, une collection vidéo se constitue et la danse y apparaît dans sa dimension internationale, sous toutes ses formes, genres et styles.

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