Camping

2006
Année de création : 2006

 
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Camping

CAMPING … FANTAISIE CHORÉGRAPHIQUE / Création 2006

Conception et mise en scène Denis Plassard
Chorégraphie Denis Plassard (avec la complicité des interprètes)

Nous sommes dans un univers clos. La scène est un intérieur. Le soleil et le ciel bleu sont de l'autre côté de la porte. Loin de la lumière du jour et des activités de plein air, la silhouette étrange des «campeurs» se dessine. Nous pouvons suivre en direct le parcours des neuf personnages à l'intérieur (sur scène) et à l'extérieur (grâce à deux films). Nous les avons toujours à l'œil. Nous pouvons observer leurs comportements, leurs jeux et leurs rites étranges.

Les campeurs chantent dans un langage incompréhensible. L'important n'était pas la performance vocale : les chansons sont ici utilisées comme des clins d'œil aux comédies musicales, comme une manière de revisiter ce genre, de jouer avec ses contraintes sans s'encombrer d'une narration. Plus encore que les chants, ce sont les mouvements qui révèlent les individus.

Camping est un spectacle en relief qui joue sur différents niveaux : très écrit dans la danse et très réaliste dans les films. Le ton est à la fois particulièrement naïf dans le traitement des personnages ou des situations et humoristique dans les décalages.

Denis Plassard poursuit ici sa recherche autour de la parole. Et c'est par le biais de la chanson qu'il aborde le rapport entre le texte et le geste. Le monde du Camping est le lieu d'expérimentation qu'il a choisi pour étudier une société miniature. Il y décortique les relations humaines et observe les personnages comme des curiosités, avec attendrissement et cruauté, mais ne s'attache pas à leur histoire. Dans ce microcosme, les individus communiquent dans un langage inventé où les mots sont vidés de leur sens. Le regard que porte le chorégraphe sur cet univers alterne entre réalisme et fantaisie, entre dérision et gravité, entre cynisme et légèreté. Tantôt grinçant tantôt burlesque, il nous entraîne du dessin animé à la comédie musicale méchamment secouée.

Gestes, postures, chansons, tout semble familier et pourtant totalement incongru. Une logique insaisissable et tordue semble organiser cet univers. À la fois extrêmement stylisée et totalement déjantée, la danse se construit en lutte et en complicité. À partir de contraintes physiques, de rituels collectifs, d'empoignades acrobatiques, de danses de salon détournées, de duos cocasses, de chutes virtuoses et grotesques, elle s'aventure sur un terrain instable et crée les décalages qui font grincer ce monde du Camping.

Source : Maison de la Danse - programme de salle

Générique

Conception et mise en scène Denis Plassard Chorégraphie Denis Plassard (avec la complicité des interprètes)
Danseurs Elena Borghese, Sébastien Cormier, Anne-Sophie Fayolle, Didier Gilabert, Xavier Gresse, Denis Plassard, Corinne Pontana
Musiciennes (Ensemble Boréades) Caroline Huynh-Van-Xuan (clavecin) Anne-Sophie Moret (viole de gambe) Univers sonore et direction musicale Jean-François Cavro Chansons Denis Plassard Arrangements Caroline Huynh-Van-Xuan Cours de chant Isabelle Bonnadier
Réalisation des films Pascal Nottoli Création lumières Jean Tartaroli Scénographie Denis Plassard, Pascal Nottoli, Jean Tartaroli, Sébastien Revel Costumes Béatrice Vermande Construction décor Élisabeth Buisson, Patrick Lerat
 Régie générale Sébastien Revel Régisseur lumière Jean Tartaroli Régisseur son Jean-François Cavro

Réalisation vidéo Charles Picq - Maison de la Danse - 2006

Mise à jour : Juillet 2013

Plassard, Denis

Denis Plassard a commencé à danser sur un malentendu : emmitouflé dans du papier crépon pour le spectacle de fin d'année de son école maternelle, il était persuadé que les pas avaient une signification et que l'assemblage de ces pas construisait des phrases qui racontaient une histoire... Depuis cette époque, une question (un peu décalée pour un danseur/chorégraphe) le hante : que signifie le mouvement ? Que dit-on en bougeant ?

Après une formation en danse classique et contemporaine au Conservatoire National de Région puis au CNSMD de Lyon, il danse pendant deux saisons avec la Compagnie de la Place Blanche (Josette Baïz - Aix en Provence).

En 1990, Denis Plassard crée le solo "Propos" qui donnera son nom à la compagnie qu'il fonde l'année suivante.

Dès ses débuts, il tente de tisser des liens dynamiques entre la parole et le mouvement et explore la question du sens et le rapport entre le texte et le geste ("Propos Solo", "Pour Voir, "D4", "Issue de secours", "Anecdote", "En Pièces"...). Dans "Ondes de choc" puis dans "Parloir", "Discours", "Camping" ou encore "Rites", il prolonge sa recherche autour de la parole. Les mises en scène du "Terrier" de Kafka et de "Chalet 1" d'André Baillon lui permettent de mettre en mouvement des comédiens dans des partitions millimétrées.

Qu'elle soit enregistrée, déclamée ou chantée, compréhensible ou non, la parole est un élément important du travail du chorégraphe.

Son écriture chorégraphique se nourrit du décalage et n'hésite pas à utiliser le ressort de la dérision et de l'humour. Tenace (sur ses questions d'enfant) et curieux, il recherche inlassablement les frottements, les rencontres avec des esthétiques et des univers différents.

Pour "Elle semelle de quoi ? (Carmen)" et "L'affaire de la rue de Lourcine", il travaille avec des danseurs hip-hop ; les objets et personnages de Michel Laubu du Turak accompagnent les quatre chorégraphies de L.O.U.P... Artiste invité au CNAC à Châlons-en-Champagne, il y travaille avec les étudiants-circassiens et de cette collaboration naît "ZOOO", spectacle créé sous chapiteau. En 2008, il réunit des interprètes issus de ces aventures indépendantes (danseurs contemporains, circassiens et danseurs hip-hop) pour la création "DéBaTailles".

Le jeune public n'est pas oublié, avec le spectacle d'ombre "Danlécoin" et le jeu de manipulation verbale "Suivez les instructions".

La recherche autour de la manipulation et du dédoublement constitue un autre axe important : sous la forme d'un solo pour un danseur bicéphale dans "Derrière la tête" ou celle d'un spectacle roman-photo avec "Les cadavres se regardent dans le miroir", ou encore par le truchement de la magie dans "Encore quelques illusions".
Denis Plassard explore encore le thème de la manipulation dans une trilogie, dont le premier volet est un conçu pour le jeune public : "Suivez les instructions". Le cycle se poursuit avec une chorégraphie pour marionnettes et danseurs manipulateurs, et se clot avec un solo sur l'opéra "Macbeth" de Verdi : un danseur équipé de capteurs de mouvements anime en direct tous les personnages de l'opéra.

De Kafka à Daniel Mermet, de Bizet à Labiche, des planches à la piste, les idées se bousculent et les genres se rencontrent : hip-hop, vaudeville, cirque, musique classique ou électronique, danse et textes.

Source : Site de la companie Propos

En savoir plus

compagnie-propos.com

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