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Jean-Paul Montanari

Les entretiens de la danse

Jean-Paul Montanari

Les entretiens de la danse

Entretiens de la danse : Jean-Paul Montanari (Les)

Entretien dirigé par Mathilde Monnier et Geneviève Vincent

Réalisation 1994 


Dirigés par Mathilde Monnier et Geneviève Vincent, "Les entretiens de la danse" ont été réalisés en 1994, à un moment où le milieu professionnel de la danse contemporaine commence à s'interroger sur la constitution d'une histoire qui lui serait propre, donc d'une mémoire. Jean-Paul Montanari - Directeur du Festival Montpellier Danse - est le premier à s'être prêté au jeu. Pour cet entretien, il s'est inscrit dans un dispositif où l'homme, le militant, l'acteur culturel développe un récit, celui de son parcours professionnel lié à une partie de l'histoire de la danse marquée notamment par le chorégraphe Dominique Bagouet.


Rédaction Geneviève Vincent
Réalisation Valérie Urréa
Images Valérie Urréa et Jean-Louis Sonzogni
Son Marc Coudrais
Directeur technique Thierry Cabrera
Montage Jocelyne Ruiz et Valérie Urréa
Graphiste Anne Criou
Conformation Nathalie Tchantchinoff
Mixage Vianney Aubé
Délégué à la production Jean-Pierre Cellard
Directeur de production Jean-Marc Urrea

Durée 53'

Réalisation Valérie Urréa
Montage de l'extrait vidéo Karim Zeriahen


En savoir plus

www.mathildemonnier.com


Date de mise à jour 10 octobre 2013

Urréa, Valérie

Après avoir suivi des cours à l’Ecole nationale Louis Lumière, Valérie Urréa affirme dès 1987 son engouement pour les arts visuels et le spectacle vivant. Documentaires, captations, fictions, de Bruit Blanc à L’Homme qui danse, ses films principalement coproduits par ARTE, interrogent tous des sujets aussi sensibles que l’autisme, la masculinité, ou les questions de la race, à travers des visions artistiques. Plusieurs fois primés, ses films sont régulièrement présentés dans des festivals internationaux. Par deux fois, elle a été artiste invitée à la commission Image Mouvement de la Délégation des Arts plastiques. Parallèlement, elle a enseigné plusieurs années les relations entre images et spectacle vivant à l’Ecole de cinéma de Marrakech (l'ESAV). 


Source : Valérie Urréa

Montanari, Jean-Paul

Né à Alger (Algérie) en 1947, Jean-Paul Montanari a sept ans lorsque la guerre éclate sur sa terre natale. « Dans cette période, tout m'était interdit. Parce que c'était dangereux dehors, parce qu'il y avait des attentats, etc. La seule chose que j'avais vraiment le droit [de faire] c'était de lire dans ma chambre. Alors j'ai passé mon enfance à lire »(1).
Il quitte la Ville Blanche pour Lyon un matin de juin 1962, il a alors presque 15 ans. Un peu solitaire dans cette ville qui ne passait pas pour accueillante, il n'a « rien d'autre à faire que de bosser » et rafle bon nombre des prix à la fin de son année de troisième au lycée Ampère. « Ce fut une vraie chance, pour un jeune de quinze ans, de quitter Boufarik, une petite ville de la Mitidja de 25000 habitants, pour arriver dans la deuxième ville française. Sur le plan culturel, Lyon est déjà une capitale, avec des théâtres, beaucoup de cinémas, etc… Je découvre tout ça avec un ravissement extraordinaire »(2). Puis, sans histoire, il passe un bac Philo et une licence de Lettres Modernes… Il étudie aussi le chinois et découvre en même temps le cinéma et le théâtre : Planchon, Maréchal, puis plus tard Chéreau. « En voyant la Bérénice de Planchon, j'ai su tout de suite que je ferais cela : du spectacle vivant »(3).
Avec Mai 68, « c'est la découverte de la liberté, de la parole, du désir, du corps ». C'est aussi le début de son engagement politique. « Mai 68 a commencé à me faire sentir et comprendre les notions d'oppression et de répression, le problème des femmes en France et à travers le monde, le racisme, tout ce qui tourne autour de l'oppression face à la sexualité »(4).
En 1975, il intègre l'équipe du Centre Dramatique National de Lyon dirigée par un jeune et brillant metteur en scène de théâtre, Robert Gironès. Il est alors chargé des relations avec le public.
Il découvre la danse. Trois ans plus tard, il prend en main la programmation danse du Centre Dramatique. Parmi les premiers chorégraphes invités se trouvent Brigitte Lefèvre, Maguy Marin, Quentin Rouiller et… Dominique Bagouet dont il devient rapidement l'ami et le conseiller. Lyon est, à la veille des années 1980, la capitale du théâtre, mais aussi le point de rencontre de jeunes chorégraphes. On assiste à une véritable ébullition de créateurs à l'avenir prometteur.
En parallèle à ses activités au Centre Dramatique de Lyon, Jean-Paul Montanari fonde le Groupe de Libération Homosexuel - GLH de 1975 à 1979 puis créera, au début des années 1980, avec Christian Tamet, Viva (festival de danses et de musiques extra-européennes) à Villeurbanne.
Sans cesse en réflexion sur la création, Jean-Paul Montanari occupe également pendant des années une place particulière de conseiller auprès de chorégraphes comme Régine Chopinot mais aussi Susan Buirge, ou Hideyuki Yano.

Lorsque Dominique Bagouet installe en 1980, à l'invitation de Georges Frêche alors maire de la ville de Montpellier, le Centre chorégraphique, il demande à Jean-Paul Montanari de s'occuper des relations presse. Dès lors, l'histoire de la danse à Montpellier va être indissociable du nom de Montanari. À la naissance du Festival International Montpellier Danse, en 1981, il est assistant du directeur artistique, Dominique Bagouet. En 1983, il en devient le directeur général et s'installe définitivement dans la capitale languedocienne pour en ouvrir les portes aux artistes chorégraphiques.
Il restera très lié au chorégraphe Dominique Bagouet. « La mort de Dominique fut un grand choc. Nous étions tous les deux si liés au plan artistique, professionnel et amical. La disparition d'un créateur et d'un ami comme lui a créé un immense vide. Presque toutes les œuvres de Bagouet ont été créées au festival »(5).

Le Festival Montpellier Danse s'est, d'une part, développé avec le soutien et l'essor parallèle du Centre Chorégraphique National, d'abord avec Dominique Bagouet puis avec Mathilde Monnier à sa tête. L'histoire du Festival Montpellier Danse reste, d'autre part, indissociable des liens qui unissent Jean-Paul Montanari à Georges Frêche, et de leur engagement politique commun pour le développement culturel de la ville de Montpellier. « Son amitié, son admiration pour Frêche ? Il ne s'en cache pas »(6). En 1993, il est nommé Chargé de mission pour les affaires culturelles au cabinet de Georges Frêche, alors maire de Montpellier, poste qu'il gardera jusqu'en 1995.
Son engagement dans le développement culturel de sa ville se traduit aussi par le fait qu'il ait été « l'un des premiers dans le monde du spectacle à associer sa ville à la lutte contre le sida »(7), se démarquant par sa position progressiste envers le traitement pudique du problème de cette épidémie, qui toucha dès la fin des années 1980 bon nombre de danseurs et chorégraphes: « Nous sommes constamment entre la dramatisation et la solidarité. […] A terme, chaque milieu doit trouver les moyens de s'organiser pour ne pas laisser dépérir les gens qui ne peuvent plus travailler »(8).
Éveilleur des arts vivants, Jean-Paul Montanari devient en 1983 conseiller pour la danse à l'Opéra de Montpellier ; puis, en 1984, membre de la Commission d'attribution des subventions aux compagnies chorégraphiques du Ministère de la culture (jusqu'en 1991). Entre temps, il est nommé membre du Conseil supérieur de la danse (1991). En 1996, il prend en charge la saison danse qui est aujourd'hui la saison danse de l'Opéra National de Montpellier. En 2001, il quitte la direction du Zénith de Montpellier qu'il occupait depuis 1999, pour revenir se consacrer pleinement au festival et à la saison danse.

Après les Arts et les Lettres dont il est officier, Jean-Paul Montanari a, en 1998, été fait Chevalier de l'ordre du Mérite, puis en 2010, Chevalier dans l'Ordre de la Légion d'Honneur. « Un parcours que lui-même, n'aurait jamais pu prévoir»(9).

Ayant ouvert les portes de la capitale languedocienne aux artistes, il développe sa démarche artistique de façon large. Ainsi, selon lui, « L'intime et le social sont les deux valeurs qui […], fondent aujourd'hui les démarches artistiques et leur réflexion »(10) ou encore « la danse [lui] a apporté les réponses qu['il] ne trouvai[t] pas dans le théâtre, notamment sur les questions du désir, de la réflexion sur le corps »(11).

Il développe donc ses réflexions sur le corps et le désir ou encore sur le rôle de l'expression du corps qui est irréductible à l'expression de la parole. Sa démarche est aussi politique. En effet, pour lui, « tous les corps sont des corps politiques» ; et de développer «Ce n'est pas un hasard si on a vu de nombreux artistes et, parmi eux, beaucoup de danseurs, dans les luttes de soutien au Cambodge, à la Bosnie, aux sans-papiers, aux jeunes des quartiers. La vision de corps massacrés atteint tout le monde, mais le danseur est touché au corps […]»(12).

Face au succès de son festival, il parle de ses compétences en ces termes : « Je crois que ce que j'ai apporté au milieu de la danse, c'est mon savoir-faire ; une manière de parler des spectacles, de s'adresser au public et à la presse »(13).

En quelques années, Jean-Paul Montanari a réussi à fédérer un public amateur de danse qui le suit depuis le début, et n'a de cesse d'ouvrir ce festival aux jeunes générations. Il a fait de Montpellier Danse, festival varié et ouvert sur le monde, le symbole de l'attractivité culturelle montpelliéraine.

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