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Choreographer

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Instance

1993

Chorégraphe(s) : Diverrès, Catherine (France) Montet, Bernardo (France)

Déposé par Centre national de la danse

Durée : 07:22

en fr

Instance

1993

Chorégraphe(s) : Diverrès, Catherine (France) Montet, Bernardo (France)

Déposé par Centre national de la danse

Durée : 07:22

en fr

Instance

Première création officielle du duo Diverrès-Montet – qui vient alors de se constituer en Studio DM –, et unique chorégraphie à porter cette double signature, Instance dessine avec force et délicatesse nombre des éléments préfigurant l'œuvre à venir. Créée en 1983 au théâtre Terpsychore à Tokyo, au cours d'un voyage d'étude effectué au Japon auprès de Kasuo Ohno, l'on dira de cette pièce qu'elle laissa « muet le maître du butô en personne. » Instance obtient le premier prix au Concours international de chorégraphie de Nyon (Suisse) et le prix de la ville de Vernier. Cependant, la pièce ne fait autorité qu'en 1987, lors de sa reprise au Festival d'Avignon, puis au Théâtre de la Ville.

D'une épure graphique poussée à son paroxysme, Instance délimite un territoire singulier se jouant d'une atmosphère tout en clair-obscur, qui semble progressivement mu de forces incompressibles.

Au début, l'on distingue une sorte de figure bicéphale oscillant d'un côté à l'autre, dont seuls les visages sont éclairés. La pénombre alentours leur confère un état de profond secret, voire d'enfouissement en d'incommensurables ténèbres, comme s'ils étaient perdus dans une forêt qui n'aurait ni de fin ni de fond. Ainsi les deux visages, lunaire pour Catherine Diverrès, aux aguets pour Bernardo Montet, s'offrant d'emblée à la lumière, semblent-ils contenir en leur creux une puissance d'intimité mêlée presque fraternelle. L'éclairage des corps intervient en même temps qu'il les genre, la femme en longue robe de soie rouge, l'homme en costume de ville beige et gris.

« Moi-Toi ? Est-ce que c'est uniquement une double personne ? Moi-Toi, ce n'est pas du tout un qui est deux, ni deux qui sont un, Moi-Toi, c'est l'expérience où tout est inclus. Si on arrive à ce point-là, la terre, le soleil, les vents, les cris des oiseaux, la lumière du dedans, les grandes marées, tout est présent. » [1]

Il s'agit là d'une danse qui installe sa densité dans une économie de temps particulière. Si au début le détachement des corps, puis leur déploiement dans l'espace s'effectuent sans hâte, très vite les corps s'appréhendent en leurs crises. Cet état de tension permanent prend sa source dans le mouvement même, attraction/répulsion, prise de pouvoirs des corps/abandon des corps, suspensions/relâchés, mais aussi dans les jeux de contraste entre lumières et obscurité, noir et couleurs, masculin et féminin, petit espace et grand espace,… qui finissent par provoquer un récit. Les corps, comme la plupart du temps dans les œuvres de Catherine Diverrès, semblent investir leur place d'homme et de femme, induisant par là de prime abord un rapport au genre et à la relation assez archétypal : l'étreinte, notamment, est traitée comme un accident, une mise en tension, une étape et non comme un état naturel des corps. De là surgit une violence sporadique, éparse, mais cependant paradigmatique des conflits métaphysiques adjacents et/ou sous-jacents qui hantent Instance, lesquels affranchissent assez vite le propos de la pièce du seul clivage entre masculin et féminin.

« La route s'élève en spirales
Pas de droite, pas de plan
Retourne-toi, sur toi-même : regarde-moi
La route s'élève en spirales
Reste une odeur de fraises écrasées. » [2]

L'évidence de multiplicité, à l'oeuvre dans chacun des deux corps, se lit notamment lors des passages par l'état de solitude ; en effet, le corps qui danserait seul pourrait finalement éprouver toute la violence de la binarité que chacun d'entre nous contient en lui…

« La sole reste longtemps au fond de l'eau. Très longtemps. Elle accepte la pression de l'eau. Cela, c'est le sommet de la danse. Arriver à accumuler le poids du monde, le poids des sentiments, de beaucoup de choses…et le retenir. » [3]


Alice GERVAIS-RAGU


[1] Jerzy Grotowski, Je-tu où la naissance partagée
[2] Catherine Diverrès, à propos d'Instance
[3] Kazuo Ohno


RÉCEPTION CRITIQUE

« Instance fascine par sa puissance autant que par son vertige. Le duo chaviré saisi dans le halo des lumières fait couler l'encre. Deux fragments de textes, en guise de note d'intention, sont restés dans les dossiers de la compagnie. D'une certaine manière, ils donnent le ton et les raisons du saisissement public et critique devant cette apparition. »

Irène Filiberti, « Se trouver, se perdre, inventer » in Catherine Diverrès, Mémoires passantes, Ed. centre national de la danse, 2010

« (…) Instance donne aux deux danseurs l'occasion de revenir à leurs sources. Elle parle surtout de la nécessité à danser. (…) Pleurer en dansant, ou s'asphyxier de ne pas danser. (…) Diverrès-Montet se précipitent dans un puits sans fin. »

Chantal Aubry, 1987

« Instance, selon Catherine Diverrès, parle de forces métaphysiques. Si ce premier duo traite du masculin et du féminin, il ne se donne pas comme la représentation du couple qui danse. Cette pièce porte sur l'abstraction des pôles négatif-positif et rejoint une danse intense et sophistiquée. »

Irène Filiberti, « Se trouver, se perdre, inventer » in Catherine Diverrès, Mémoires passantes, Ed. centre national de la danse, 2010


dernière mise à jour : mars 2014

Diverrès, Catherine

Catherine Diverrès naît en Gironde en 1959, et passe une enfance entre France et Afrique. Dès l'âge de 5 ans, elle se forme à la danse classique auprès de Sylvie Tarraube, puis de Suzanne Oussov, selon la technique Vaganova. Dans le milieu des années 1970 elle aborde les techniques américaines (Limon, Graham, Cunningham, Nikolais), et entre en 1977 à Mudra Béjart.

Elle danse un temps pour les Ballets Félix Blaska (1978) puis pour la compagnie Nourkil – danse-théâtre et pour Elinor Ambasch (1979) avec Bernardo Montet. En 1980 ils intègrent la compagnie de Dominique Bagouet à Montpellier, notamment pour les pièces Grand Corridor et Toboggan. A la suite d'une série d'ateliers, Catherine Diverrès conçoit Une main de sable, création pour cinq danseurs pensée depuis un travail en commun autour des thèmes d'origine et de territoire, qui sera présentée au festival de Montpellier en juillet 1981.

En 1982, Elle s’installe à paris avec Bernardo Montet. Advient la préfiguration de ce qui deviendra le Studio DM, avec la création d'un solo de Catherine Diverrès, Consumer, puis l'obtention d'une bourse d'étude du Ministère de la Culture, leur permettant de se rendre à Kamihoshikawa (Japon) suivre une formation de six mois auprès du maître de butô Kasuo Ohno.

La première pièce officielle du Studio DM, Instance, est créée par Catherine et Bernardo Montet en 1983 à Tokyo, et la légende veut qu'elle laissa « muet le maître du butô en personne. » Elle est suivie du Rêve d'Helen Keller en 1984, conçue par Catherine Diverrès seule, et primée lors du Concours de Bagnolet. Sept autres pièces voient le jour entre 1985 et 1994, faisant l'objet de différentes collaborations. De cette première période de création, on note que Catherine Diverrès continue à danser dans chacune de ses pièces. A ses côtés, Bernardo Montet se pose également comme un collaborateur et interprète d'exception : « Deux danseurs hors pair : elle, lointaine, intouchée, lui, massif et virtuose à la fois, tous deux réunis dans une même façon de ployer le corps et de passer avec aisance de la lenteur la plus suspendue à la brutalité la plus vive » (Chantal Aubry).

Le studio DM – où désormais chacun des deux chorégraphes signe ses propres pièces - acquiert progressivement une reconnaissance critique, publique et institutionnelle : les spectacles font la une des festivals les plus prestigieux d'Europe (Avignon, Montpellier, SIGMA à Bordeaux, Sringdance à Utrecht, Glashuset à Stockholm, Festwoch à Berlin…), et sont montés grâce à différentes coproductions (CAC d'Orléans, Théâtre de la Ville, Quartz de brest, CNDC d'Angers, …).

En 1994, Catherine Diverrès et Bernardo Montet sont nommés codirecteurs du Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne, que Catherine Diverrès continuera à diriger seule à compter de 1998. Ce qui, peut-être, détermine le plus pertinemment cette période tient probablement à l'incursion de textes poétiques ou philosophiques dans les créations. Si l'incursion de textes n'est certes pas nouvelle dans les œuvres de Catherine Diverrès, du moins prend-elle, dans ces années-là, un tour essentiel dans les enjeux, artistiques comme de réflexion, portés par la chorégraphe. Il paraît nécessaire de souligner l'importance de la pratique de l'écriture chez Catherine Diverrès. Les archives des documents artistiques de la chorégraphe montrent assez l'ampleur et la qualité de son implication dans les éditoriaux des Lettres du CCNRB comme dans les dossiers de création : toutes les notes d'intention des pièces, exclusivement rédigées par elle, témoignent d'une grande exigence et d'une rare clarté de pensée. 

L'année 2008 est marquée par le retour au statut de compagnie indépendante, que Catherine Diverrès nomme Association d'octobre. La première pièce créée après le départ du CCNRB, Encor (2010), est une commande de la Biennale de danse de Lyon dont c'est alors la dernière édition pour son fondateur Guy Darmet. C'est d'ailleurs ce dernier qui lui suggérera ce titre, telle une pirouette actée et symbolique à leurs départs respectifs. 

En 2012 est créé le solo O Senseï, dansé par Catherine Diverrès. Il s'agit d'une commande du CDC-Les Hivernales, que la chorégraphe conçoit en hommage à Kasuo Ohno, mort en 2010. Ce solo constitue actuellement la seule pièce dansée par Catherine Diverrès. La dernière pièce à ce jour date de 2013 : Penthesilée, créée au Théâtre Anne de Bretagne, renoue avec le format de pièce de groupe, en réunissant sur scène une équipe de neuf danseurs. 


Source :  Alice Gervais-Ragu 

Montet, Bernardo

Bernardo Montet est actuellement artiste associé au projet SEcW à Morlaix et en résidence d'artiste au Théâtre Louis Aragon à Tremblay en France. Il a été à la direction du Centre chorégraphique national de Tours de 2003 à fin 2011.

Après un passage à l’école Mudra de Maurice Béjart à Bruxelles, il poursuit sa carrière auprès de la chorégraphe Catherine Diverrès, et codirige avec elle le Centre chorégraphique national de Rennes jusqu’en 1998. A partir de 1997, Bernardo Montet s’entoure d’une équipe de collaborateurs fidèles :  Tal Beit Halachmi, Taoufiq Izeddiou, Dimitri Tsiapkinis et Marc Veh, avec lesquels il compose un répertoire d’une vingtaine de pièces.  Depuis Pain de Singe, solo fondateur imaginé avec le cinéaste Téo Hernandez (1987), il signe entre autres en 1997 Issê Timossé (avec la complicité de Pierre Guyotat, auteur et récitant), en 1998 Beau Travail (en collaboration avec Claire Denis), en 2001 Bérénice de Racine (coécrit avec Frédéric Fisbach), ou encore O.More (avec des musiciens gnawas) en 2002.

A Tours, il crée neuf pièces : Parcours 2C (vobiscum) (avec le plasticien Gilles Touyard) en 2004, Coupédécalé avec Eran Tzur pour la composition musicale (2005), Les batraciens s’en vont (2006) et Batracien, l’après-midi (2007), deux pièces réalisées avec Lorella Abenavoli pour la création électroacoustique, Apertae (2008), Switch me off (coécrit avec Thomas Ferrand, 2009), God needs sacrifice (2010), Isao, un solo écrit pour et en collaboration avec la chorégraphe malgache Gaby Saranouffi et Des Hommes, une pièce de groupe en collaboration avec l’historienne et critique Geneviève Vincent en décembre 2011.

En juillet 2011, il est nommé Officier de l'ordre des Arts et des Lettres.

En 2012, Bernardo Montet accompagne Madeleine Louarn sur le spectacle Les Oiseaux d’Aristophane, parallèlement il travaille sur un duo intitulé (Des)incarnat(s), avec un des comédiens de l’Atelier Catalyse, sur la notion de Vulnérable.

Toutes ses pièces, portées par l’exigence et la radicalité, traitent de sujets qui lui sont chers : le colonialisme, la mémoire, l’identité, la conscience des corps, la résistance… Chaque chorégraphie surgit de la précédente pour tisser une image à la fois semblable et différente : les corps, dans leur dimension poétique et politique, rejouent le monde qui nous entoure.

Bernardo Montet développe également des projets singuliers avec des enfants tels que ChOral (2013), Mom’arts (2011 et 2014), et dans l’espace urbain avec Pas à Pas (2013), La marche des Anges (2007), Veiller par le geste (2008, 2010).
 

Plus d'infos : www.ciemawguerite.com

Instance

Chorégraphie : Catherine Diverrès et Bernardo Montet

Interprétation : Catherine Diverrès et Bernardo Montet

Musique originale : Eiji Nakazawa

Lumières : Pierre-Yves Lohier

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