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Choreographer

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Il sacro della primavera

Numeridanse.tv
2012

Chorégraphe(s) : Il sacro della primavera (Italy)

Présentée dans la/les collection(s) : Numeridanse.tv

en fr

Il sacro della primavera

Numeridanse.tv
2012

Chorégraphe(s) : Il sacro della primavera (Italy)

Présentée dans la/les collection(s) : Numeridanse.tv

en fr

Sacro della primavera (Il)

Création 2011 - D'après Le Sacre du printemps d'Igor Stravinsky

Conception et chorégraphie Michela Lucenti

Nous avons été une génération en fuite, et puis, tout en courant, nous nous sommes dit : « Maintenant, ça suffit ».

Le Sacre du printemps : la quintessence du ballet et un fiasco historique par excellence.
Tout le monde sait que lors de sa toute première représentation, le Sacre du printemps a été un échec total.
Trop avant-gardiste, trop exubérant, il a germé du besoin de détruire les traditions de son époque.
Certaines personnes pensent que le Sacre du printemps a marqué la naissance de la musique moderne.
Sa première présentation, en 1913 à Paris, s’est finie en bagarre générale. Le public ne s’est pas limité à de simples agressions verbales, mais s’est « illustré » par des attaques physiques totales. Stravinsky a déclaré que cette pièce avait été influencée par une vision qu’il avait eue peu de temps avant de la composer. Sa vision représentait un groupe de vieux hommes sages observant la manière par laquelle une vierge était forcée de danser jusqu’à sa mort. Une excellente métaphore pour une génération qui attend, qui se confine dans son immobilité, observée si ce n’est épiée de l’extérieur, jaugée ; vierge à cause de son impossibilité à faire quelque chose pour elle-même.  

Désormais le sentiment d’urgence est plus présent que jamais, comme si une pensée parmi tant d’autres captivait notre esprit et s’accrochait à notre cerveau comme une morsure.

Notre génération ne peut plus attendre, va te f**** !  

Les cycles naturels sont inversés. Les personnes âgées nous observent pendant que nous grandissons sans être capables de nous épanouir dans cette immobilité existentielle qui n’arrête jamais de nous contraindre à être patients et compréhensifs, tout en essayant de nous convaincre que c’est naturel. Rien n’est « naturel ». Laissons nos ancêtres comme nous quittons l’hiver et arrêtons d’être des fils et des filles. Il est donc normal que le rite sacrificiel doivent seulement commence par notre sueur qui a encouragé notre patience, désormais nous devons réclamer la terre sur laquelle nous marchons et construisons.  

Notre heure est venue et nous voulons la saisir, que nos ancêtres en conviennent sans trop discuter.  

On n’a plus le temps pour les explications. Cette génération est tout sauf fugace, aucune génération ne l’est vraiment.
La scène est vide, nue.
Les corps glissent et cherchent de l’air dans des vêtements trop grands, des chemises et des pantalons de deuxième main ayant appartenus à leurs frères et sœurs aînés. Des bouts et des morceaux de nudité les exposant brièvement dans leur frénésie.
L’important est de jouer le jeu, de ne jamais arrêter, de ne jamais lâcher prise.
Le corps se brise, il ne laisse pas passer sa colère mais essaye de crier même s’il ne peut plus produire de sons cohérents. C’est le seul moment que nous avons et les corps commencent à s’agiter jusqu’à devenir des vecteurs fous d’énergie.
Le Sacre est une expérience collective mais dans cette grande course qu’est la vie, nous sommes manifestement tous totalement seuls.
Le corps perd son équilibre, succombe à la tentation d’essayer de saisir tout ce qui est « digestible », nous nous étreignons, nous bougeons violemment, légèrement malmenés et bouleversés, réveillés.
Nos corps s’entremêlent, ils nous aident à garder les pieds sur terre, hommes et femmes se cramponnent les uns aux autres.
Des actions précises, puissantes, insensées et rapides comme l’éclair.
La force de tous, sans exception, les abandonne, quoique seulement pour un court instant et les autres les aident immédiatement à se remettre debout.
Contre toute attente, des têtes apparaissent derrière les jambes de chacun, s’agrippant à l’autre pour cette vie précieuse, emmêlés l’un à l’autre, marchant sur l’autre, non pas pour réprimer mais pour soutenir une compassion, une urgence intérieure.  

Le Sacre est le temps intérieur qui se trouble lui-même, qui en arrive à un arrêt complet, mêlé aux sons du reste de ce monde. À l’imposante cacophonie.

La musique d’un DJ pour un discours de profanation avant tout sur nous-mêmes.
En rompant avec les habitudes, en chamboulant les sièges raides et poussiéreux de la tranquillité.
Profaner l’ancien Sacre tout en réinventant un nouveau Sacre.

Générique

Conception et chorégraphie : Michela Lucenti

Avec Andrea Capaldi, Ambra Chiarello, Andrea Coppone, Massimiliano Frascà, Francesco Gabrielli, Sara Ippolito, Francesca Lombardo, Michela Lucenti, Carlo Massari, Gianluca Pezzino, Livia Porzio, Emanuela Serra, Giulia Spattini, Chiara Taviani, Teresa Timpano

Il sacro della primavera

Michela Lucenti s'empare du Sacre du printemps pour en faire une réflexion politique contemporaine.
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