À propos de Dominique Bagouet : Christian Boltanski

1995
Déposée par : Montpellier Danse

Ce film est l’enregistrement d’une interview dans laquelle le plasticien cite sa participation un peu hasardeuse à l’œuvre chorégraphique Le Saut de l’ange.

 
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À propos de Dominique Bagouet : Christian Boltanski

En 1987, Dominique Bagouet avait fait appel à Christian Boltanski pour la création du « Saut de l'ange ». Ce film est la trace d'un entretien à la fois drôle et passionnant, dans lequel Boltanski évoque sa participation plutôt hasardeuse à l'élaboration d'une chorégraphie – « Je ne connaissais rien à la danse, déclare-t-il, c'était vraiment loin de moi » - ainsi que sa relation avec Bagouet. Il s'explique sur sa « croyance » en l'interprétation, en musique et en danse comme dans les arts plastiques ; sur la nécessité de faire vivre les œuvres y compris en les transformant, au risque de les transformer ; sur le fait que cette nécessité incombe au créateur, mais qu'après sa disparition d'autres doivent s'en charger ; et sur les dangers, a contrario, de la « muséification ».

Sources : Myriam Bloëdé, « catalogue Vidéodanse 2008 »

Crédits

Documentaire

Année : 1995

Durée : 32'

Réalisation : Charles Picq

Production : Les Carnets Bagouet

Remerciements : Centre national de la danse pour le traitement des images

En savoir plus :

 " Le Saut de l'ange "

Transcrition de l'interview

Dernière mise à jour : octobre 2014

Bagouet, Dominique

Angoulême, 9 juillet 1951 - Montpellier, 9 décembre 1992

Elève de Rosella Hightower à Cannes dès 1965, il reçoit un enseignement classique et trouve son premier engagement chez Alfonso Cata au Ballet du Grand Théâtre de Genève en 1969. L'année suivante, il danse dans la compagnie de Félix Blaska puis entre aux Ballets du XXème siècle de Béjart à Bruxelles. L'expérience dure deux ans et se prolonge dans le groupe Chandra (où travaillait aussi Maguy Marin).

De retour à Paris en 1974, Dominique Bagouet prend des cours avec Carolyn Carlson et Peter Goss. Il danse aussi dans les compagnies de Joseph Russillo, Anne Béranger et Peter Goss. Il part quelques mois aux Etats-Unis où il découvre les techniques issues des écoles américaines, entre autres avec Jennifer Muller et Lar Lubovitch.

En 1976, à son retour en France, il présente sa première chorégraphie : « Chansons de nuit » au Concours de Bagnolet et remporte le premier prix avec mention « recherche ». Il fonde alors sa propre compagnie. Pour la faire vivre, il va enchaîner les créations à un rythme très soutenu qu'il déplore. Jusqu'en 1979, il crée quatorze pièces, parfois dans l'urgence et pas toujours de façon satisfaisante.

Avec « Sous la blafarde », le jeune chorégraphe commence à s'imposer et trouve un havre : la ville de Montpellier qui accueille la compagnie et lui donne les moyens d'exister puisqu'il est invité à mettre sur pied et à diriger le Centre chorégraphique régional de Montpellier. Il créera d'ailleurs dans cette ville le Festival International Montpellier Danse qu'il dirigera jusqu'en 1982.

Dominique Bagouet va alors créer certaines des pièces les plus marquantes de la chorégraphie contemporaine française, d' « Insaisies »(1982) jusqu'à « Necesito, pièce pour Grenade » (1991), ultime commande réalisée pour célébrer le 500ème anniversaire de la ville espagnole.

Avec des pièces comme « Déserts d'amour » (1984), « Le Crawl de Lucien » (1985) ou « Assaï » (1986), Dominique Bagouet impose clairement sa personnalité et son style. Il compose le mouvement de très nombreux petits gestes (jeux des pieds et des mains, inclinaison particulière du torse...) sans aucun maniérisme et d'une redoutable précision.

Autre constante, le chorégraphe a toujours su s'entourer d'artistes au talent reconnu. Il y eut Tristan Murail pour«Déserts d'amour », Pascal Dusapin pour « Assaï », Christian Boltanski pour « Le Saut de l'ange » (1987), ou l'actrice Nelly Borgeaud pour le superbe « Meublé sommairement » (1989), adaptation chorégraphique d'un roman d'Emmanuel Bove.

Avec Charles Picq, il a réalisé deux films : « Tant mieux, tant mieux ! » (1983) et « Dix anges, portraits » (1988) d'après « Le Saut de l'ange ».

S'il y avait un style Bagouet, il résiderait également dans cette curiosité qui a marqué toute une génération.

En 1993, les danseurs de sa compagnie fondent Les Carnets Bagouet afin de préserver et transmettre le patrimoine artistique du chorégraphe. Ils proposent le répertoire à d'autres compagnies et de nombreuses écoles.

Sources : Philippe Verrièle - Extrait de « 99 biographies pour comprendre la jeune danse française », Les Saisons de la danse-hors série été 97.

En savoir plus : www.lescarnetsbagouet.org

Dernière mise à jour : octobre 2014

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Collection Bagouet

Collection Bagouet

Déposée par : Montpellier Danse

Dominique Bagouet a créé plus de 45 pièces en 15 ans. Certaines ont marqué le paysage chorégraphique entre 1980 et 1992, année de sa disparition. Charles Picq, très tôt sensible à cette danse, les a captées. Cette collection montre les œuvres les plus emblématiques et s’enrichira au fur et à mesure de films liés à la transmission de son répertoire grâce au travail mené par l’association Les Carnets Bagouet.

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