So Schnell

1993
Année de création : 1992
Déposée par : Montpellier Danse

Délicatesse d’une danse ciselée dans le moindre détail, profusion d’un mouvement irrésistible, prédilection enfin pour les basculements d’atmosphère, entre mystère, vitalité débridée, accès d’humour, autodérision et gravité.

 
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So Schnell

Chorégraphie : Dominique Bagouet

Parmi les différentes captations de « So Schnell », pièce maîtresse dans l'œuvre de Dominique Bagouet, celle qui est présentée ici a été réalisée par Charles Picq au cours de l'été 1993, avec la compagnie au complet avant que celle-ci ne soit dissoute, plusieurs mois après la mort du chorégraphe. C'est donc la seconde version de la pièce remontée, resserrée, à laquelle Bagouet avait choisi d'ajouter, en ouverture, le fameux duo de « Déserts d'amour », interprété cette fois par deux danseuses, ici, Catherine Legrand et Olivia Grandville.

Cette captation est caractéristique du travail du vidéaste, depuis longtemps familier de l'œuvre de Bagouet, particulièrement dans le cas de « So Schnell » dont il a pu préparer minutieusement le tournage. Plusieurs caméras filment la danse dans toute son intimité. Elle la révèle aussi sous des angles insolites et de façon très graphique, notamment par des prises de vue effectuées depuis les cintres. Au total, ce spectacle filmé rend fidèlement compte de l'esprit de la pièce : délicatesse d'une danse ciselée dans le moindre détail, profusion d'un mouvement irrésistible, dont on voit ici de près la savante complexité, prédilection enfin pour les basculements d'atmosphère, entre mystère, vitalité débridée, accès d'humour, autodérision et gravité. En tout, on voit à l'œuvre cette dualité propre à Bagouet, qui propulse chaque élément du spectacle de l'affirmation éclatante à son contraire. Ainsi du son industriel des machines à tricoter, chères à son enfance, à la vibrante énergie de la « Cantate BWV 26 » de Jean-Sébastien Bach. Ainsi du silence à la stridence, celle, aussi bien, des couleurs électriques littéralement véhiculées par les danseurs. Ainsi, enfin, des arrêts sur incongruités comiques aux immenses traversées d'un plateau, dont les limites sont comme infiniment repoussées. Entre ombre et lumière, entre angoisse et allégresse, véloces, fervents, joyeux, les danseurs de Bagouet administrent pour la dernière fois la preuve étincelante du talent du chorégraphe disparu. Ce qu'il appelait lui-même « la joie presque subversive de danser sans donner prise au fatal ».

Sources : Chantal Aubry in « Images de la culture n° 19 »  – janvier 2005

 

Générique

Chorégraphie : Dominique Bagouet

Durée : 58'

Interprètes : Rita Cioffi, Priscilla Danton, Matthieu Doze, Olivia Grandville, Nicolas Héritier, Dominique Jégou, Myriam Lebreton, Catherine Legrand, Sylvain Prunenec, Annabelle Pulcini, Fabrice Ramalingom, Juan Manuel Vicente.

Musique : Jean-Sébastien Bach et Laurent Gachet

Assistante : Anne Abeille

Scénographie : Christine Le Moigne

Lumières : Manuel Bernard

Costumes : Dominique Fabrègue

Réalisation : Charles Picq

Production : Agat Films et cie, Les Carnets Bagouet, La Coursive, Centre Georges Pompidou.

Participation : CNC, Adami, Conseil régional Languedoc Roussillon, Maison de la Danse, La Sept/Arte.

Création le 6 décembre 1990 à l'Opéra Berlioz de Montpellier

Deuxième version créée le 11 octobre 1992 au Théâtre municipal de Montpellier

Enregistré en mai 1993 à La Coursive, scène nationale de La Rochelle

Dernière mise à jour : décembre 2012

Bagouet, Dominique

Angoulême, 9 juillet 1951 - Montpellier, 9 décembre 1992

Elève de Rosella Hightower à Cannes dès 1965, il reçoit un enseignement classique et trouve son premier engagement chez Alfonso Cata au Ballet du Grand Théâtre de Genève en 1969. L'année suivante, il danse dans la compagnie de Félix Blaska puis entre aux Ballets du XXème siècle de Béjart à Bruxelles. L'expérience dure deux ans et se prolonge dans le groupe Chandra (où travaillait aussi Maguy Marin).

De retour à Paris en 1974, Dominique Bagouet prend des cours avec Carolyn Carlson et Peter Goss. Il danse aussi dans les compagnies de Joseph Russillo, Anne Béranger et Peter Goss. Il part quelques mois aux Etats-Unis où il découvre les techniques issues des écoles américaines, entre autres avec Jennifer Muller et Lar Lubovitch.

En 1976, à son retour en France, il présente sa première chorégraphie : « Chansons de nuit » au Concours de Bagnolet et remporte le premier prix avec mention « recherche ». Il fonde alors sa propre compagnie. Pour la faire vivre, il va enchaîner les créations à un rythme très soutenu qu'il déplore. Jusqu'en 1979, il crée quatorze pièces, parfois dans l'urgence et pas toujours de façon satisfaisante.

Avec « Sous la blafarde », le jeune chorégraphe commence à s'imposer et trouve un havre : la ville de Montpellier qui accueille la compagnie et lui donne les moyens d'exister puisqu'il est invité à mettre sur pied et à diriger le Centre chorégraphique régional de Montpellier. Il créera d'ailleurs dans cette ville le Festival International Montpellier Danse qu'il dirigera jusqu'en 1982.

Dominique Bagouet va alors créer certaines des pièces les plus marquantes de la chorégraphie contemporaine française, d' « Insaisies »(1982) jusqu'à « Necesito, pièce pour Grenade » (1991), ultime commande réalisée pour célébrer le 500ème anniversaire de la ville espagnole.

Avec des pièces comme « Déserts d'amour » (1984), « Le Crawl de Lucien » (1985) ou « Assaï » (1986), Dominique Bagouet impose clairement sa personnalité et son style. Il compose le mouvement de très nombreux petits gestes (jeux des pieds et des mains, inclinaison particulière du torse...) sans aucun maniérisme et d'une redoutable précision.

Autre constante, le chorégraphe a toujours su s'entourer d'artistes au talent reconnu. Il y eut Tristan Murail pour«Déserts d'amour », Pascal Dusapin pour « Assaï », Christian Boltanski pour « Le Saut de l'ange » (1987), ou l'actrice Nelly Borgeaud pour le superbe « Meublé sommairement » (1989), adaptation chorégraphique d'un roman d'Emmanuel Bove.

Avec Charles Picq, il a réalisé deux films : « Tant mieux, tant mieux ! » (1983) et « Dix anges, portraits » (1988) d'après « Le Saut de l'ange ».

S'il y avait un style Bagouet, il résiderait également dans cette curiosité qui a marqué toute une génération.

En 1993, les danseurs de sa compagnie fondent Les Carnets Bagouet afin de préserver et transmettre le patrimoine artistique du chorégraphe. Ils proposent le répertoire à d'autres compagnies et de nombreuses écoles.

Sources : Philippe Verrièle - Extrait de « 99 biographies pour comprendre la jeune danse française », Les Saisons de la danse-hors série été 97.

En savoir plus : www.lescarnetsbagouet.org

Dernière mise à jour : octobre 2014

Picq, Charles

Auteur, réalisateur et vidéaste, Charles Picq entre dans la vie professionnelle dans les années 70 par le théâtre et la photographie. Après une reprise  d'études (Maîtrise de Linguistique - Lyon II, Maîtrise des Sciences et Techniques de la Communication - Grenoble III), il se consacre à la vidéo, d'abord dans le champ des arts plastiques à l'Espace Lyonnais d'Art Contemporain (ELAC) et avec le  groupe "Frigo", puis dans celui de la danse.

Dès la création de la Maison de la Danse à Lyon en 1980, il est sollicité pour y entreprendre un travail de documentation vidéo qu'il poursuit toujours depuis. Durant les années 80, marquées en France par l'explosion de la danse  contemporaine et le développement de l'image vidéo, il fait de nombreuses rencontres avec des artistes tels qu'Andy Degroat, Dominique Bagouet, Carolyn Carlson, Régine Chopinot, Susanne Linke, Joëlle Bouvier et Régis Obadia, Michel Kelemenis. Son activité se déploie dans le champ de la création avec des installations et des vidéos en scène, ainsi que dans celui de la télévision avec des spectacles filmés, des recréations et des documentaires. Avec Dominique Bagouet (80-90), la rencontre est particulière. Il documente sa création, l'assiste sur " Le Crawl de Lucien" et co-réalise avec lui les films "Tant Mieux, Tant Mieux" et "10 anges". Dans les années 90, il devient le directeur du développement vidéo de la Maison de la danse et oeuvre, avec le soutien de Guy Darmet et son équipe, pour une place grandissante de l'image vidéo au sein du théâtre à travers plusieurs initiatives:

• Il fonde une vidéothèque de films de danse, d'accès public et gratuit. C'est une première en France. Poursuivant la documentation vidéo des spectacles, il en organise la gestion et la conservation.
•  Il impulse la création d'un vidéo-bar et d'une salle de projection vidéo dédiée à l'accueil scolaire.
•  Il initie les "présentations de saisons" en image.
•  Il conçoit l'édition du DVD "Le tour du monde en 80 danses", une vidéothèque de poche produite par la Maison de la Danse pour le secteur éducatif.

Plus récemment, il lance la collection « Scènes d'écran » pour la télévision et le web,  il entreprend la conversion numérique de la vidéothèque et crée le site « numeridanse.tv », vidéothèque internationale de danse en ligne.

Ses principaux documentaires sont : "Enchaînement", "Planète Bagouet", "Montpellier le Saut de l'Ange", "Carolyn Carlson, a woman of many faces", "Grand Ecart", "Mama Africa", "C'est pas facile", "Lyon, le pas de deux d'une ville", "Le Défilé", "Un Rêve de cirque".
Il a également réalisé des films de spectacle : "Song", "Vu d'Ici" (Carolyn Carlson),"Tant Mieux, Tant Mieux", "10 anges", "Necesito" et "So Schnell", (Dominique Bagouet), "Im bade wannen","Flut" et "Wandelung" ( Susanne Linke), "Le Cabaret Latin" (Karine Saporta), "La danse du temps"(Régine Chopinot), "Nuit Blanche"( Abou Lagraa), "Le Témoin" (Claude Brumachon), "Corps est Graphique" (Käfig), "Seule" et "WMD" (Françoise et Dominique Dupuy), " La Veillée des Abysses" (James Thiérrée), Agwa »(Mourad Merzouki), Fuenteovejuna (Antonio Gadès), Blue Lady revisted (Carolyn Carlson)…

Source : Maison de la Danse

En savoir plus

lescarnetsbagouet.org

Compagnie Bagouet

Compagnie Bagouet

Dominique Bagouet crée La Compagnie Dominique Bagouet en 1977, avec quelques amis danseurs, peu après avoir obtenu le 1er prix du Concours chorégraphique de Bagnolet avec sa première pièce « Chansons de nuit ». Les premières saisons sont difficiles, sans réel espace de travail à Paris, mais néanmoins avec quelques commandes de pièces courtes. La Compagnie Bagouet s'installe à Montpellier en 1979, à l'invitation de Georges Frêche, maire de cette ville, et devient Centre chorégraphique régional en 1980.

C'est en 1984 que Dominique Bagouet crée « Déserts d'amour », qui va faire connaître la compagnie au niveau international. Le travail de création se développe continuellement avec de nombreuses œuvres présentées chaque année au Festival International Montpellier Danse.

Dominique Bagouet laisse à plusieurs reprises son équipe du Centre chorégraphique (devenu national en 1984) aux mains de chorégraphes invités : Susan Buirge, Trisha Brown, mais aussi de ses propres danseurs pour y faire leurs débuts de chorégraphes : Michel Kelemenis, Bernard Glandier ou encore Olivia Grandville, Hélène Cathala et Fabrice Ramalingom.

En 1990, après 10 ans de présence à Montpellier, et un succès avéré auprès du public,  Dominique Bagouet réclame un meilleur outil de travail et envisage l'aménagement du Couvent des Ursulines pour développer plusieurs axes : création, répertoire, pédagogie et résidences d'artistes invités. Malheureusement la maladie l'emporte et ce projet ne verra le jour qu'après sa mort.

Les danseurs de sa dernière équipe décident de ne pas poursuivre la Compagnie Bagouet mais créent l'association Les Carnets Bagouet en 1993 pour accomplir la transmission de son œuvre.

Sources : www.lescarnetsbagouet.org

Dernière mise à jour : novembre 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Collection Bagouet

Collection Bagouet

Déposée par : Montpellier Danse

Dominique Bagouet a créé plus de 45 pièces en 15 ans. Certaines ont marqué le paysage chorégraphique entre 1980 et 1992, année de sa disparition. Charles Picq, très tôt sensible à cette danse, les a captées. Cette collection montre les œuvres les plus emblématiques et s’enrichira au fur et à mesure de films liés à la transmission de son répertoire grâce au travail mené par l’association Les Carnets Bagouet.

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