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2000
Année de création : 2000

Filage de la pièce créée par François Raffinot pour les étudiants de l'école supérieure du CNDC dans le cadre des Avant-premières 2000

 
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En janvier 2000, les douze étudiants de 2e année du Centre national de danse contemporaine se consacrent à un filage de la pièce Post que le chorégraphe François Raffinot a composée à partir de leur travail d'improvisation. Il leur a soumis certains thèmes constants de sa recherche : ambivalence du corps masculin-féminin, notion de faille, mise en abîme des troubles qui nous constituent jusque dans une veine surréaliste. François Raffinot, d'abord rattaché au renouveau de la danse baroque, a pris la direction du CCN du Havre lorsque Joëlle Bouvier et Régis Obadia l'ont laissée, à leur nomination à Angers (1993). 

Post sera interprété les mêmes soirs que Pasion segun Don Juan  de Carlos Cueva et Fragments de Joëlle Bouvier et Régis Obadia pour constituer le programme des Avant-premières 2000. Sous la direction de Joëlle Bouvier et Régis Obadia, chaque promotion d'étudiants du Centre national de danse contemporaine conclut sa formation de deux ans par le spectacle des Avant-premières. Celui-ci consiste en un programme de deux ou trois pièces élaborées à leur intention par des chorégraphes invités. Ce modèle était déjà celui en vigueur sous les directions antérieures de Michel Reilhac et de Nadia Croquet. Il parachève une conception de la formation de l'artiste chorégraphique à travers une pragmatique des conditions de création, production et diffusion qui attendent l'interprète professionnel, voulu techniquement adaptable à toutes les esthétiques.

Gérard Mayen

 

Répétition de la pièce le 11 février 2000 à Bodinier (Angers)

 

chorégraphie

François Raffinot

 

suivi chorégraphique

Marie-France Delieuvin

Dominique Petit

 

interprétation : promotion 1998-2000 des étudiants de l'école supérieure du CNDC

Bérangère Bodin

Cédric Calvaire

Ana Chon

Hannes Donabauer

Emmanuel Eggermont

Pierre Lacroix

Lorena O'Neill

Rosalia Ortega

Vicky Perez Miranda

Juliette Roudet

Nadia Sifer

Grégory Sonigo Kamoun

 

musiques

Death in Vegas

Merz

 

création lumières

Etienne Milin

 

réalisation costumes

Lucie Guilpin

Maira Garcia Gonzalez

Michelle Amet

 

régie lumières

Harrys Picot

 

régie son

Alain Cherouvrier

 

régie générale

François Le Maguer

 

production

CNDC Angers

Raffinot, François

 Parallèlement à l'obtention d'un Master 2 de philosophie, François Raffinot danse pour de nombreux chorégraphes dont Brigitte Lefèvre et Jacques Garnier, Félix Blaska, Peter Goss ou Susan Buirge.

 

En 1984, il est nommé directeur de Ris et Danceries aux côtés de Francine Lancelot. Il collabore à de  nombreux opéras baroques dont Hippolyte et Aricie, Anacréon-Actéon, dirigés par William Christie, Médée, mis en scène par Bob Wilson. Il chorégraphie l'ensemble de la turquerie et des divertissements du Bourgeois Gentilhomme à la Comédie Française dans la mise en scène de Jean-Luc Boutté. En 1987, il signe la mise en scène et les chorégraphies de Platée, dirigé par Jean-Claude Malgoire. À partir de 1985, il compose une esthétique personnelle et contemporaine du baroque avec La Suitte d’un goût étranger où il s'adjoint le concours de Dominique Bagouet, Robert Kovitch et Andy De Groat. Vient ensuite la reconnaissance de son travail avec le succès de Caprice, suivi de Passacailles, une variation chorégraphique effectuée à partir de la notation de la passacaille d'Armide de Lully, sur un éventail de musiques allant de Bach à Webern, conclu par une œuvre d'Henri Pousseur, spécialement composée pour la circonstance.

 

En 1990, il est à la tête de Barocco, où il poursuit pour sa propre compagnie le travail amorcé à Ris et Danceries, d'une écriture résolument moderne qui puise son influence dans l'analyse de l'évolution des modes de compositions musicales et poétiques, anciennes et actuelles, de sensibilités occidentales et orientales. En 1993, il est nommé à la direction du Centre Chorégraphique National du Havre / Haute Normandie avec Guilène Lloret où il décide de mettre son style d'écriture au profit de la musique contemporaine et des compositeurs vivants.

Il y crée d'abord Adieu sur Medeamaterial, le court opéra de Pascal Dusapin dans la première version écrite pour instruments anciens. Sin arrimo y con arrimo, où Time Zone, un quatuor de Dusapin en première partie contraste violemment avec l'épaisseur orchestrale du De Staat de Louis Andriessen, en deuxième partie. Dans Scandal Point, c'est la voix de Salman Rushdie (histoires contées, phrases courtes extraites d'interviews, répétées, etc.) qui sert de trame sonore à toute la pièce, avec, pour  illustrer musicalement les Versets Sataniques, le mythique Sympathy for the Devil des Rolling Stones. Rift commence sa trajectoire avec les 6 miniatures de Philippe Hurel que poursuit le Concerto pour Violon de György Ligeti. Raffinot quitte le Havre après avoir composé Remix, une suite de deux duos dont le premier est une compilation d'extraits de chorégraphies réalisées pendant les six dernières années. Remix juxtapose à nouveau deux registres sonores très opposés. En première partie, Mix est  un pas de deux abstrait qui revient sur Ligeti avec une suite de pièces pour piano. Remix, en seconde partie, aborde un univers plus narratif, sur un mixage original qu'Heiner Goebbels a réalisé tout exprès pour la circonstance.

 

En 1999, il met en place avec Laurent Bayle et dirige le Département Chorégraphique de l'Ircam / Centre Georges Pompidou (DCI). Il y redonne Rift avec l'Ensemble Inter Contemporain qui interprète en direct les musiques d'Hurel et de Ligeti, et Remix interprété au piano. Il réalise ensuite Play Back sur une composition originale d'Edmund Campion commandée par l'Ircam (où la matière sonore est générée par la voix de Salman Rushdie, dénaturées, etc. pour une nouvelle approche de l'exclusion déjà abordée dans Scandal Point). En 2000, Al Segno est une pièce abstraite chorégraphiée en  tandem avec Emmanuelle Vo Dinh, sur une musique originale de Yan Maresz, elle aussi commandée par l'Ircam (dont est issue l'œuvre Sul Segno, inscrite depuis au catalogue de Maresz et qui est jouée aujourd'hui dans le monde entier). En 2001, la dernière œuvre réalisée à l'Ircam, Home Studio, est une suite de deux solos pour Patrick Rebus (PR) et pour Joanne Leighton (On Line) sur deux compositions phares confectionnées à l'Ircam : Anthème 2 de Pierre Boulez et Anima de Luca Francesconi.

 

En 2002, Raffinot se lance dans une nouvelle aventure. Il crée le SNARC (Site nomade des ateliers de recherche chorégraphique) qui prolonge la réflexion effectuée à l'Ircam sur le numérique et cherche à soutenir le développement de ses recherches sur l'interaction de la musique, de la vidéo et de la performance dansée. Dans cette perspective, il chorégraphie et met en scène en 2004, Pas_de_Direction pour 3 hommes, sur un montage sonore de François Sarhan et une installation vidéo de Magali Desbazeille. En 2006, toujours avec François Sarhan, c'est le tour de SET pour 7 femmes. Il produit aussi une série de Laboratoires, de petites formes basées sur l'exploitation d'un dispositif technique particulier.

 

En mars 2009, François Raffinot a créé Laborintus à la Ménagerie de Verre à Paris. Il s'agit d'un assemblage de trois scènes à découvrir dans un ordre indéterminé, d'une plongée dans un "labyrinthe de sens" circulant entre trois lieux (un solo pour Franck Picart, un jeu acrobatique d'Audrey Yvars sur la membrane d'un trempolino, et la scène finale du Persona d'Igmar Bergman jouée en boucle par deux performers, Anja Hempel et Jean-Michel Fête). Selon des modalités similaires, en cherchant l'éclatement de l'espace scénique, il crée en 2010 Leçonsdeténèbres, qui prend les attentats du métro londonien comme prétexte pour écrire un  troisième volet sur le corps absent.

En complément de ces activités de chorégraphe et de metteur en scène, François Raffinot est régulièrement invité à donner des cours théoriques dans des écoles d'art et d'universités. Il publie aussi plusieurs ouvrages et articles qui sont autant de chroniques, de témoignages, de réflexions sur la danse, le corps et sa représentation. On lui doit également la conception et la première édition du Vif du Sujet, manifestation chorégraphique de la SACD au Festival d'Avignon.

Il a été professeur en philosophie au Lycée Steiner-Waldorff Perceval de Châtou, près de Paris, pendant cinq ans.

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

Ouvrages

Journal d'Adieu, Mémoire Vivante. Editions Plume, 1995.

À force de s'appuyer sur la barre on devient un homme du milieu, Editions Séguier Archimbaud, 2002

Trace-écarT , Editions Séguier Archimbaud, 2006

 

Articles

"Une révélation viscérale" in La règle du jeu, n°19 : "Défense et illustration de la musique contemporaine", mai 1996.

"Temps réel" in La revue du Collège International de Philosophie, "Penser la danse contemporaine", sous la direction de Véronique Fabbri, mai 2004.

"Eclats multiples : danse et nouvelles technologies" in Orfeo :" Le renouveau de l'art total", 2004.

"Les attaches du corps" in Essaim, revue de psychanalyse n°14, sous la direction d'Erik Porge, printemps 2005.

"Tracé de l’espace" in Par les routes… des écritures dans l’espace, ouvrage autour de Noëlle Renaude, éditions Théâtre ouvert, décembre 2005.

"Le Complexe de Dédale", in Revue du paysage, "Comme une danse", janvier 2007.

 

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Raffinot

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CNDC Angers

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Le Centre national de danse contemporaine - Angers est un centre chorégraphique national (CCN). Il est doté de cinq missions à partir desquelles se définit son projet artistique et pédagogique mis en œuvre par Robert Swinston, directeur du CNDC depuis janvier 2013 : création, résidences, programmation, sensibilisation et formation avec l’École supérieure.

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