Rosas danst Rosas

2015
Année de création : 1983

Extrait de la pièce d'A.T. de Keersmaeker remontée par la compagnie De l’air dans l’art-SUAPS-université Paris-Sud-Orsay (Longjumeau-Orsay), coordinateurs Ghislaine Tétier, Philippe Chevalier, dans le cadre de "Danse en amateur et répertoire" (2014)

 
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Danse en amateur et répertoire

Le CN D coordonne un programme d’accompagnement de la pratique amateur au-delà de la phase d’apprentissage technique et du cours de danse, qui permet à des groupes de danseurs, composé d’un minimum de cinq danseurs, de découvrir une écriture chorégraphique à travers une œuvre significative dans l'histoire de la danse, et ayant connu l'épreuve de la scène, ou des danses non reliées à une pratique scénique (danses traditionnelles, danses du monde…) en se confrontant aux sources de cette pratique.

Ouvert à tous les styles et à toutes les histoires de danse, le projet comporte deux volets : l’appropriation dansée d’une œuvre ou l’exploration d’un corpus de danses, la connaissance approfondie de l’environnement culturel du répertoire travaillé.

Le programme permet aux groupes et à leurs coordinateurs artistiques de rencontrer et travailler avec un professionnel confirmé (chorégraphe et/ou interprète du répertoire choisi, notateur ou collecteur) : son intervention auprès du groupe couvre un volume de trente à quarante heures, et plus, réparties en fonction des nécessités de travail. Le groupe s’engage à présenter son travail en public deux fois au minimum, dont une lors d’une journée nationale rassemblant les différents groupes retenus et leur donnant ainsi accès à une grande scène.

Rosas danst Rosas

Chorégraphie Anne Teresa De Keersmaeker
Extrait chorégraphique remonté par la compagnie De l’air dans l’art-SUAPS-université Paris-Sud-Orsay (Longjumeau-Orsay), coordinateurs et répétiteurs Ghislaine Tétier, Philippe Chevalier, dans le cadre de Danse en amateur et répertoire (2014)

 

Le groupe
La compagnie De l’air dans l’art est active au sein de l’université Paris-Sud-Orsay, autour de la professeure et chorégraphe Ghislaine Tétier (en collaboration avec Philippe Chevalier). Elle s’est aussi consacrée à des reprises d’Odile Duboc et Dominique Bagouet. Elle donne des représentations à huit reprises dans l’année. Ses dix-sept membres impliqués dans l’actuel projet ont entre dix-huit et quarante-trois ans et présentent des niveaux divers, de débutant à amateur très confirmé. Ce groupe fait montre d’une grande avidité intellectuelle, nullement rebuté par une initiation aux systèmes de notation de la danse ou par l’étude des structures compositionnelles, et également très curieux du contexte culturel et historique d’une œuvre.

La chorégraphe
Née en 1960 en Belgique, Anne Teresa De Keersmaeker domine le paysage chorégraphique contemporain européen. Ses compositions à l’énergie aiguë, s’appuient sur une analyse très poussée des structures de l’écriture musicale. En 1983, la pièce « Rosas danst Rosas » est sa première composition de groupe (pour quatre danseuses), poussant à l’extrême des principes de répétitivité. Repère dans l’histoire de la danse du
xxe siècle, elle bénéficie actuellement d’un vif regain de curiosité, dans la foulée de sa reprise par la chorégraphe elle-même, mais aussi d’une accessibilité facilitée pour les amateurs, à la faveur du 30e anniversaire de la compagnie – justement baptisée Rosas – dont elle fut en son temps la première pièce.

L’intervenante
Exceptionnellement, une universitaire et notatrice Laban conduit la reprise du 2e mouvement de « Rosas danst Rosas ». Laetitia Doat a dansé cette pièce au cours de sa formation et l’a déjà transmise en contexte pédagogique. Ici, travail de notation et d’interprétation se combinent activement, pour un groupe lui aussi de fibre universitaire. La démultiplication de l’effectif au-delà du quatuor d’origine fait explorer de passionnantes combinatoires, sur la base de six mouvements seulement, implacablement reconduite. L’attention porte sur un travail de respiration et d’ancrage du mouvement en profondeur, par-delà l’extériorisation rhétorique du geste. D’où le recours à des ballons, bâtons, ou aux barres flexibles et aux méthodes somatiques.

 

 

GÉNÉRIQUE

 

Création le 6 mai 1983 au Théâtre de la Balsamine à Bruxelles
Pièce pour 4 danseuses Adriana Borriello, Anne Teresa De Keersmaeker, Michèle Anne De Mey, Fumiyo Ikeda
Musique Thierry de Mey, Peter Vermeersch
Lumières Françoise Michel

Transmission Laetitia Doat
Danseurs Sarah Besnainou, Guillaume Busato, Laurent Carton, Stéphanie Decante, Lilian Durey, Émilie Fernandes, Gérald Forhan, Marion Franquet, Yaëlle Henderyckx, Valérie Hilt, Marion Jeannot, Astrid Larchiver, Isabelle Lecourtois, Laure Playoust, Carla Riblay, Raphaëlle Sablic, Solène Tran

Durée de l’extrait 16 minutes
Réalisation CND
mise à jour : mai 2016

De Keersmaeker, Anne Teresa

En 1980, après des études de danse à l'école Mudra de Bruxelles, puis à la Tisch School of the Arts de New York, Anne Teresa De Keersmaeker (née en 1960) crée "Asch", sa première chorégraphie. Deux ans plus tard, elle marque les esprits en présentant "Fase, Four Movements to the Music of Steve Reich". En 1983, De Keersmaeker chorégraphie "Rosas danst Rosas" et établit à Bruxelles sa compagnie de danse Rosas. A partir de ces oeuvres fondatrices, Anne Teresa De Keersmaeker a continué d’explorer, avec exigence et prolixité, les relations entre danse et musique. Elle a constitué avec Rosas un vaste corpus de spectacles qui s’affrontent aux structures musicales et aux partitions de toutes les époques, de la musique ancienne à la musique contemporaine en passant par les expressions populaires. Sa pratique chorégraphique est basée sur les principes formels de la géométrie et les modèles mathématiques, l'étude du monde naturel et des structures sociales — ouvrant de singulières perspectives sur le déploiement du corps dans l’espace et le temps.

Entre 1992 à 2007, Rosas a été accueilli en résidence au théâtre de La Monnaie/De Munt à Bruxelles. Au cours de cette période, Anne Teresa De Keersmaeker a dirigé plusieurs opéras et de vastes pièces d’ensemble qui ont depuis intégré le répertoire des compagnies du monde entier. Dans « Drumming » (1998) et « Rain » (2001) — spectacles auxquels collabore l'ensemble de musique contemporaine Ictus — s’épanouissent de vastes structures géométriques, aussi complexes dans leurs tracés que dans leurs combinaisons, qui s’entremêlent aux motifs obsédants du minimalisme de Steve Reich. Ces fascinantes chorégraphies de groupe sont devenues des icônes, emblématiques de l’identité de Rosas. Au cours de sa résidence au théâtre de La Monnaie, Anne Teresa De Keersmaeker présente également le spectacle « Toccata » (1993) sur des fugues et partitas de J.S. Bach, dont l'œuvre constitue un fil rouge dans son travail. « Verklärte Nacht » (écrit pour quatorze danseurs en 1995, adapté pour trois danseurs en 2014) dévoile l'aspect expressionniste du travail de la chorégraphe en valorisant l’orageuse dimension narrative associée à ce sextuor à cordes de Schoenberg, typique du postromantisme tardif. Elle s’aventure vers le théâtre, le texte et le spectacle transdisciplinaire avec « I said I » (1999), « In real time » (2000), « Kassandra – speaking in twelve voices » (2004), et « D’un soir un jour » (2006). Elle  intensifie le rôle de l'improvisation dans sa chorégraphie en travaillant à partir de jazz ou de musique indienne dans des pièces telles que « Bitches Brew / Tacoma Narrows » (2003) sur la musique de Miles Davis, ou « Raga for the Rainy Season / A Love Supreme » (2005).

En 1995, Anne Teresa De Keersmaeker fondait l'école P.A.R.T.S. (Performing Arts Research and Training Studios) à Bruxelles en association avec La Monnaie/De Munt.

Les récentes pièces d'Anne Teresa De Keersmaeker témoignent d'un dépouillement qui met à nu les nerfs essentiels de son style : un espace contraint par la géométrie ; une oscillation entre la plus extrême simplicité dans les principes générateurs de mouvements — ceux de la marche par exemple — et une organisation chorégraphique riche et complexe ; et un rapport soutenu à une partition (musicale ou autre) dans sa propre écriture. En 2013, De Keersmaeker revient à la musique de J.S. Bach (jouée live, toujours) dans « Partita 2 », un duo qu’elle danse avec Boris Charmatz. La même année,  elle crée Vortex Temporum sur l’oeuvre musicale du même nom écrite en 1996 par Gérard Grisey, très caractéristique de la musique dite spectrale. L’ancrage de l’écriture gestuelle dans l’étude de la partition musicale y est poussé à un degré extrême de sophistication et favorise un méticuleux dialogue entre danse et musique, représenté par un couplage strict de chaque danseur de Rosas avec un musicien d’Ictus. En 2015, le spectacle est totalement refondu pour l’adapter au format muséal, durant neuf semaines de performance au centre d'art contemporain WIELS de Bruxelles, sous le titre "Work/Travail/Arbeid". La même année, Rosas crée « Golden Hours » (As you like it), à partir d’une matrice textuelle (la pièce « Comme il vous plaira » de Shakespeare) qui sert de partition implicite aux mouvements, affranchissant pour une fois la musique de sa mission formalisante et lui autorisant la fonction plus soft d’environnement sonore (il s’agit de l’album « Another Green World » de Brian Eno, 1975). En 2015 également, Anne Teresa De Keersmaeker poursuit sa recherche du lien entre texte et mouvement dans « Die Weise von Liebe und Tod des Cornets Christoph Rilke », une création basée sur le texte éponyme de Rainer Maria Rilke. Au début de 2017 l’Opéra de Paris invite la chorégraphe à mettre en scène « Così fan tutte » de Wolfgang Amadeus Mozart.

Dans "Carnets d'une chorégraphe", une monographie de trois volumes publiée par Rosas et les Fonds Mercator, la chorégraphe dialogue avec la théoricienne et musicologue Bojana Cvejić, et déploie un vaste panorama de points de vue sur ses quatre oeuvres de jeunesse ainsi que sur « Drumming », « Rain », « En Attendant » et « Cesena ».

Source : Site de la cie Rosas

Plus d'information

rosas.be

 

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