Extasis

2011
Année de création : 2011

 
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Pudique acide / Extasis

Chorégraphie Mathilde Monnier, Jean-François Duroure

Interprétation Sonia Darbois, Jonathan Pranlas

Mathilde Monnier et Jean-François Duroure ont créé à New-York un premier duo « Pudique Acide » d'une écriture nerveuse et savante. « Extasis », reprend ce travail en intensifiant les données. Même invention déchaînée qui galope à travers tous les registres, même insistance à exhiber, comme des cicatrices brûlantes, les traces multiples d'un héritage dont ils sont le lieu de confluence. Merce Cunningham, Viola Farber, François Verret, Pina Bausch sont autant de résonances que leur gestuelle commente, amplifie, digère et brise. Semblablement habillés, d'abord de kilts écossais, puis de volants froufroutant sous des vestes d'hommes, ils affirment (explicitement) l'âpre existence des anges. Non le partage androgyne, mais le redoublement du sexe. Chacun, dans ce qu'il a d'ambigu, et d'ironiquement retenu, condense en soi la somme de tous les désirs. Jeux de déshabillages, barbouillage sanglant des lèvres du garçon : on rôde, comme chez Pina Bausch, autour de l'objet, en l'excédant sans cesse. D'où ces échanges de peaux, de mains, de jambes mêlées sous les tulles. Une chair "chauffée" jusqu'à l'épuisement. Les sonorités triviales de Kurt Weill, les paroles (du Brecht berlinois) n'évoquent pas pour rien bordels et steaks tartares.

Laurence Louppe . art press janvier 1986

Sources : Centre Chorégraphie National Montpellier Languedoc-Rousillon

 

Générique

Chorégraphie Mathilde Monnier, Jean-François Duroure interprétation Sonia Darbois Jonathan Pranias musique kurt weill, bernard herrmann lumière Eric Wurtz réalisation costume Laurence Alquier
Coproduction De hexe, Maison de la Danse Lyon
Remerciement Institut français de Copenhague
Coproduction recréation théâtre de la cité internationale - paris . théâtre garonne - toulouse . CCN de montpellier languedoc-roussillon avec l'aide du conservatoire de strasbourg, cité de la musique et de la danse


« Pudique acide » a été créé en mars 1984 à new-york et « Extasis » en novembre 1985 à la maison de la danse de lyon
Recréation le 20 juin 2011 . en ouverture du festival Montpellier Danse 2011 en Languedoc-Roussillon, festival uzès danse

Réalisation Charles Picq date du document vidéo 2011 production Maison de la Danse

Dernière mise à jour : Juin 2011

Monnier, Mathilde

De pièce en pièce, Mathilde Monnier déjoue les attentes en présentant un travail en constant renouvellement.

Sa nomination à la tête du Centre chorégraphique de Montpellier Languedoc-Roussillon en 1994 marque le début d'une série de collaborations avec des personnalités venant de divers champs artistiques.

De la plasticienne Beverly Semmes au philosophe Jean-Luc Nancy ou en passant par la cinéaste Claire Denis, Mathilde Monnier ne cesse de repousser les frontières pour nourrir un travail qui est expérience avant toute chose.

La création musicale occupe une place de choix à travers des collaborations très variées qui touchent autant aux musiques savantes que populaires : le jazzman Louis Sclavis, les compositeurs David Moss et Heiner Goebbels, le platiniste virtuose eriKm.

Elle s'appuie aussi bien sur la musique de la rockeuse P.J. Harvey que sur l'univers pop en rose du spectacle 2008 vallée qu'elle co-signe avec le chanteur Philippe Katerine dans un final en beauté à la Cour d'honneur du festival d'Avignon 08.

Fascinée par l'idée de l'unisson elle crée le bucolique Tempo 76 au festival Montpellier Danse 07 sur la musique de Gyôrgy Ligeti.

En février 2008, elle accepte la commande de l'Orchestre Philharmonique de Berlin dirigé par Simon Rattle et chorégraphie l'Opéra Surrogate Cities de Heiner Goebbels. Plus de 130 amateurs sur scène participent à cet opéra centré sur la ville et les rapports de pouvoir qui s'y opèrent. La même année, elle présente au festival Montpellier Danse 08 le burlesque duo Gustavia dans lequel elle se met en scène au côté de la performeuse espagnole La Ribot.

En 2009, Mathilde Monnier s'intéresse à La Mort du cygne à travers une pièce, Pavlova 3'23'', qui travaille l'idée d'une danse de la fin.

En 2010, c'est en étroite collaboration avec le peintre Dominique Figarella que Mathilde Monnier signe la pièce Soapéra, puis elle rend hommage à Merce Cunningham au travers du spectacle Un américain à paris.

En 2011, Mathilde Monnier crée Nos images avec le chorégraphe Loïc Touzé et l'écrivain Tanguy Viel, une pièce autour du cinéma.

Elle recrée avec Jean-François Duroure Pudique acide / Extasis au Festival Montpellier danse 11, deux duos créés par les chorégraphes en 1984 et 1985.

ses dernières pièces

nos images (2011) / un américain à paris (2010) / soapéra (2010) / pavlova 3'23'' (2009) / surrogate cities (2008) / gustavia (2008) / les signes extérieurs (2008) / tempo 76 (2007) / city maquette (2007) / 2008 vallée (2006)

www.mathildemonnier.com


Duroure, Jean-François

Jean-François Duroure débute la danse a 14 ans avec Dominique Bagouet puis Odile Duboc et Josette Baiz. Il entre au CNDC d'Angers à l'âge de 16 ans et devient danseur dans la compagnie de Viola Farber. Boursier du ministère de la Culture, il étudie à New-York avec Merce Cunningham.

Il crée avec Mathilde Monnier Pudique Acide et Extasis qui les propulsent sur l'orbite chorégraphie. A 19 ans, Pina Bausch l'engage au Tanztheater de Wuppertal, il devient l'interprète de son immense répertoire. Il est alors l'un des rares danseurs français à avoir été imprégné de ces deux génies de la danse.

A 22 ans il crée sa propre structure et se met alors à explorer tous les champs de la création chorégraphique, et développe un enseignement personnel basé sur l'étude du mouvement, sa dynamique, sa qualité et sur la présence scénique nécessaire, que l'on peut atteindre en relation avec tous les autres arts et notamment celui de la musique.

En 2001, il devient chorégraphe responsable des études chorégraphiques au Conservatoire Cité de la Danse et de la Musique de Strasbourg où il prône une danse de l'improvisation et de la création individuelle comme expression de l'intériorité humaine.