Effroi

Année de création : 2003

Enregistré au CND le 22 novembre 2005

 
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Effroi

création 2003

chorégraphie Sylvain Prunenec

« Qu'est-ce qu'être entier et l'identité est-elle une et indivisible ? », s'interroge Sylvain Prunenec. Depuis 1998, ce doute irrigue la recherche du chorégraphe. Passée au crible de l'expérimentation, la cohérence supposée du corps révèle d'insoupçonnables interstices. Le mouvement alors se délie et se décompose, ses mécanismes habituels sont déroutés. L‘unité du corps tombe en morceaux, ouvrant sur un territoire de possibilités, un monde à naître.

Au détour de cette exploration, Prunenec a trouvé des échos à ses préoccupations dans plusieurs récits mythologiques traitant du corps démembré. Mais certains épisodes du mythe d'Orphée ont éveillé en lui des résonances singulières, notamment le moment final où la tête coupée d'Orphée dérive au fil de l'eau en continuant de chanter. La voix ici revêt une importance extrême : elle est la manifestation ultime et subtile de cette continuité identitaire dont le corps disloqué ne peur plus témoigner.

Si « Effroi » teste le mouvement aux limites de l'éclatement, les différents états de la danse sont noués les uns aux autres par la voix de Prunenec, portant les poèmes de Célia Houdart, et par l'intensité de la musique électronique, jouée live par le compositeur Fred Bigot.
Jeu existentiel entre dispersion et recomposition « Effroi » pose sans cesse la question du territoire. Territoire intime du corps, exploré comme une cartographie fluctuante des chemins internes, toujours à reconfigurer. Mais aussi territoire extérieur. Sylvain Prunenec a fait appel à la scénographe Élise Capdenant pour construire un espace de la mesure – ou de la démesure – du corps.

Sorte de carte inscrite au sol, le décor imaginé par Capdenant revêt mille connotations. Baigné dans les lumières de Gilles Gentner, le danseur y apparaît minuscule, accroché sur les courbes de niveaux d'une carte immensément agrandie. Mais n'est-ce pas plutôt un cerveau vu en coupe qui accueille les évolutions d'un Prunenec atomisé ? À moins que sa danse ne s'enroule et ne se déroule autour d'une forme sans âge – coquille, fossile ou matrice ? Un dialogue se tisse entre territoires externe et interne, chacun mesurant et modulant la perception de l'autre, en une réinvention continuelle.

Annie Suquet

Générique

chorégraphie et interprétation Sylvain Prunenec
texte Célia Houdart scénographie Elise Capdenat conception musicale et interprétation live Fred Bigot lumières Gilles Gentner
réalisation Centre national de la danse

durée 33 minutes

En savoir plus

Ressource électronique de la médiathèque du Centre national de la danse
Effroi

Dernière mise à jour : mars 2010

Prunenec, Sylvain

Interprète pour Odile Duboc, Dominique Bagouet, Trisha Brown, Hervé Robbe, Loïc Touzé, Boris Charmatz, Sylvain Prunenec participe à la création O,O de Deborah Hay (2006) et rejoint Olga de Soto pour la pièce « Incorporer ce qui reste ici au cœur »(2007).

En 2008, au Festival d'Avignon (Sujet à vif), il danse dans « Trois cailloux » mis en scène par Didier Galas, avec Laurent Poitrenaux. Il est interprète dans « L'oubli, toucher du bois » (2010) de Christian Rizzo. Au cinéma, il tourne dans « Jeanne et le garçon formidable » (1998) d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau, et dans « Toutes ces belles promesses » (2003), de Jean-Paul Civeyrac.

Depuis 1995, au sein de sa compagnie, l'association du 48, Sylvain Prunenec crée ses propres pièces souvent en collaboration avec des musiciens : « Verso Vertigo » (1996), « Bâti » (1998) avec Fred Bigot, « La Finale » (2002), « Fronde Ethiopia » (2002) avec Françoise Rivalland.

Depuis 2000, il tisse des collaborations avec des artistes africains, notamment la compagnie de danse éthiopienne Adugna et la compagnie congolaise Les Studios Kabako de Faustin Linyekula. Ils créent ensemble « Si c'est un nègre / autoportrait » (chorégraphie de Faustin Linyekula) pour le Vif du Sujet au festival d'Avignon (2003) et développent un projet entre l'Éthiopie, le Congo et la France intitulé « KinAddis / Chantiers chorégraphiques » (2004-2005). Il est lauréat de la Villa Medicis Hors les murs (2002) pour un travail de recherche en Éthiopie. En résidence au Forum culturel, scène conventionnée de Blanc-Mesnil, il conçoit deux créations sur le thème du corps démembré : le solo « Effroi » (2003) et la pièce pour six interprètes, « Redoux » (2004). En janvier 2007 au CND, il crée « Lunatique », inspiré des travaux du physiologiste Étienne-Jules Marey. « About you » (2008) s'appuie sur la décomposition du mouvement. En résidence au théâtre de Vanves (2008-2009), il entame une nouvelle étape de son travail : rendre lisible dans le corps les chemins pas toujours très ordonnés des intentions et des sentiments. Le duo « Ouvrez ! » est créé en 2008. Le projet « Gare ! » (2009-2011) se compose de trois pièces courtes : le solo « love me, love me, love me », le solo « Psycho Killer » et le trio « Respire ».
À partir de 2013, Sylvain Prunenec et l'A.48 sont en résidence pour 3 ans en Marne-et-Gondoire (en Seine-et-Marne, à 25 km de Paris), travaillant autour de la thématique de la nuance.

Ses 10 dernières créations

Gare !
2011

Jetés dehors
2010

Psycho Killer
2009

Love me, love me, love me
2009

Ouvrez !
2008

About you
2008

Lunatique
2007

Station 1
2006

Oleg Mimosa
2006

A point
2005

Glacial Topo
2004

Pour en savoir plus

Site de la compagnie
Ressources électroniques de la médiathèque du Centre national de la danse
Lunatique
Effroi

Dernière mise à jour : octobre 2013