Plexus

2015
Année de création : 2012

Aurélien Bory a créé une pièce sur mesure pour l’interprète japonaise Kaori Ito. On suit à la trace le périple d’une femme qui lutte contre les éléments pour mieux s’y dissoudre finalement - Rosita Boisseau.

 
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Plexus

Plexus, vient du latin de basse époque et signifie « entrelacement ». Dans sa signification anatomique plus tardive, il prend le sens de « réseau de nerfs ou de vaisseaux ». ce mot indique alors à la fois le mécanisme intérieur du mouvement musculaire, influx nerveux et sang oxygéné, et la mécanique extérieure de la danse, entrelacements de gestes, de déplacements, de corps ou de parties du corps. pour la deuxième fois, j’ai voulu faire le portrait d’une femme, non pas comme on le ferait en peinture, en photographie ou en littérature, arts largement supérieurs dans cet exercice, mais en utilisant le corps et l’espace en tant qu’uniques prismes. et la danse comme première optique. 

Faire un portrait de Kaori ito à partir des moyens du plateau a été avant tout pour moi un processus. le dispositif scénique n’était pas une idée de départ. Je l’ai défini après plusieurs semaines de répétitions. pour les premiers jours, au milieu d’autres matières, j’avais fait fabriquer une marionnette à fils à l’effigie de Kaori ito, un double très réaliste grandeur nature. « Voici ton professeur de danse » lui avais-je déclaré. Kaori a passé beaucoup d’heures à l’observer et suivre littéralement ses mouvements. et de ce travail je n’ai gardé que les fils, en les déployant dans tout l’espace. la marionnette est restée dans le corps de Kaori. 

Des fils j’ai composé un espace palpable, vivant, d’où un drame métaphysique a émergé. avec de forts liens avec le Japon. Je n’ai bien sûr pas voulu faire « japonais », mais Kaori vient avec son histoire, mesure aujourd’hui son éloignement. Je ne voulais pas m’en détourner. certains mythes du Japon, certains motifs récurrents, sont revenus. D’un côté, l’idée du lien avec les ancêtres et avec les morts. D’un autre un rapport à la beauté, associée à l’ombre, à l’effacement, à la disparition. Plexus se déploie de l’intérieur, du corps, de cet endroit anatomique précis, de ce réseau nerveux qui est un point de vulnérabilité, jusqu’à l’extérieur, l’espace, un réseau de fils, rappelant l’étymologie du mot plexus. 

la dramaturgie s’étend alors du tout-intérieur, d’avant la vie, au tout-extérieur d’après la mort, où le corps disparaît, se confond et où l’être rejoint le mythe. J’ai espéré que la danse de Kaori ito entravée parfois jusqu’à l’immobilité par un espace impossible à danser, puisse nous donner un accès à ce dialogue entre monde intérieur et monde extérieur. 

Après la première au Théâtre Vidy-lausanne, une journaliste me rappela qu’isadora Duncan avait déclaré qu’après les longues séances d’immobilité qu’elle s’infligeait, elle avait localisé le ressort central de tout mouvement à l’endroit du plexus. « The solar plexus lifted the body up, towards the au-delà ». 

Aurélien Bory, novembre 2013. Programme Maison de la Danse

Générique

Avec :Kaori Ito
Conception, scénographie et mise en scène : Aurélien Bory
Chorégraphie : Aurélien Bory , Kaori Ito
Composition musicale : Joan Cambon
Création lumière : Arno Veyrat
Régie plateau et manipulation : Tristan Baudoin ou François Saintemarie
Sonorisation : Stéphane Ley
Costumes : Sylvie Marcucci
Conseiller à la dramaturgie : Taïcyr Fadel
Conception technique du décor : Pierre Dequivre
Réalisation décor : Atelier de la fiancée du pirate
Construction prototype : Pierre Gosselin
Machinerie : Marc Bizet
Régie générale : Arno Veyrat
Directrice des productions : Florence Meurisse
Administratrice de production : Christelle Lordonné
Chargée de production : Marie Reculon
Développement en international : Barbara Suthoff
Presse : Dorothée Duplan et Flore Guiraud assistées d’Eva Dias (Plan Bey)
Production : compagnie 111- Aurélien Bory

Coproduction : Le Grand T théâtre de Loire Atlantique – Nantes, Théâtre Vidy – Lausanne, Théâtre de la Ville – Paris, Le Parvis scène nationale Tarbes Pyrénées, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg, La Coursive scène nationale – La Rochelle, Agora pôle national des arts du cirque – Boulazac

Résidences et répétitions : Le Grand T théâtre de Loire Atlantique – Nantes, Théâtre Garonne scène européenne – Toulouse, Théâtre Vidy – Lausanne

Avec l’aide de : l’Usine scène conventionnée pour les arts de la rue – Tournefeuille Toulouse Métropole

Réalisation vidéo : Fabien Plasson
Production : Maison de la Danse - mars 2015 

Bory, Aurélien

Aurélien Bory, né en 1972, est metteur en scène. Il dirige la compagnie 111, fondée en 2000 et implantée à Toulouse. Parti du jonglage, Aurélien Bory développe un « théâtre physique » singulier et hybride, à la croisée de nombreuses disciplines (théâtre, cirque, danse, arts visuels, musique...). Il envisage la scène comme art de l'espace et s'appuie fortement sur la scénographie. Ses plus récentes pièces sont "Géométrie de caoutchouc" (2011) créé à Nantes, "Sans objet" (2009) créé à Toulouse et "Les sept planches de la ruse" (2007) créé en Chine. Ses spectacles sont présentées dans le monde entier et cette reconnaissance internationale débute avec "Plan B" (2003) et "Plus ou moins l'infini" (2005), créés en collaboration avec Phil Soltanoff. Également inspiré par la danse, Aurélien Bory met en scène le chorégraphe Pierre Rigal dans "Erection" (2003) et "Arrêts de jeu" (2006). Il conçoit aussi deux portraits de femme, "Questcequetudeviens?" (2008) pour la danseuse de flamenco Stéphanie Fuster et "Plexus" (2012) pour la danseuse japonaise Kaori Ito. Pour Marseille 2013, il imagine un nouveau projet pour les acrobates marocains, "Azimut" (2013), dix ans après "Taoub" (2004), spectacle fondateur du Groupe acrobatique de Tanger. Les œuvres d'Aurélien Bory sont animées par la question de l'espace. Il ne conçoit son travail théâtral que « dans le renouvellement de la forme » et « en laissant de la place à l'imaginaire du spectateur ». Aurélien Bory reçoit le prix Créateur sans frontières en 2008. Depuis 2011, il est artiste associé au Grand T à Nantes. En 2016, il crée "ESPÆCE", inspiré de l’oeuvre de Georges Perec, lors de la 70è  édition du Festival d’Avignon.

Sources : Site de la Compagnie 111 ; Dossier de presse Plan Bey

En savoir plus

cie111.com

 


Ito, Kaori

Kaori Ito est née à Tokyo, elle étudie le ballet classique dès l'âge de 5 ans avec Maître Syuntoku Takagi. A 18 ans, elle est reconnue comme meilleure jeune danseuse et chorégraphe par le critique Ryouiti Enomoto. En 2000, elle part aux Etats-Unis pour intégrer la section danse de l'Université Purchase de l'Etat de New York, elle y étudie les techniques de Graham, Cunningham, Limon et Horton. De retour au Japon, elle obtient, en 2003, un diplôme de sociologie et d'éducation à l'Université de Saint-Paul à Tokyo. La même année, elle obtient une bourse et repart à New York dans le cadre du Programme d'Etude International pour les Artistes du gouvernement japonais. Elle étudie à l'Alvin Ailey Dance Theater, puis travaille avec la compagnie Naini Chen. Elle chorégraphie et danse pour Joyce Soho et participe à une résidence au Queens Museum of Arts.

De 2003 à 2005, elle tient le premier rôle dans la création de Philippe Découflé, "Iris". Elle travaille aussi aux côtés de Véronique Caye dans la pièce "Line" de Ryu Murakami, intègre le Ballet Preljocaj (Centre Chorégraphique National d'Aix-en-Provence) et travaille sur "Les 4 saisons" d'Angelin Preljocaj. En 2006, elle danse dans "Au revoir Parapluie" de James Thiérée et continue sa collaboration avec lui sur "Raoul "et "Tabac Rouge". En 2008, elle assiste Sidi Larbi Cherkaoui pour le film "Le bruit des gens autour" avec Léa Drucker et travaille de nouveau avec lui en tant que soliste dans l'opéra de Guy Cassiers ; "House of the sleeping beauties".Cette même année, Kaori Ito prend les rênes d'une première production, avec sa pièce "Noctiluque", qu'elle présente en France et en Suisse. Elle recrée "SoloS" à la biennale de Lyon en 2012. Kaori chorégraphie la nouvelle pièce "Island of no Memories" : de manière récurrente, elle y interroge le souvenir et l'oubli. Après avoir dansé et collaboré avec Alain Platel sur le spectacle "Out of Context", Kaori Ito écrit actuellement sa nouvelle création "ASOBI", produite par Les Ballets C de la B.

Parallèlement à son parcours d'interprète, Kaori s'est intéressée au cinéma, d'abord en tant qu'élève (elle a suivi un cursus universitaire de critique de cinéma au Japon), puis en tant que vidéaste et chorégraphe de cinéma. Ses premiers travaux sont portés sur un cinéma expérimental : "Carbon Monoxide" en est l'illustration ; réalisé en 2004, il fut diffusé en 2006 au Centre Pompidou dans le cadre du festival Videodanse, ainsi qu'aux Etats-Unis et en Espagne. Kaori Ito est régulièrement mise à contribution en tant que chorégraphe pour le cinéma : elle a travaillé avec Clémence Poesy pour le film « Sans Moi » d'Olivier Panchot, et Léa Drucker pour "Le bruit des gens autour" de Diasthème (en tant qu'assistante de Sidi Larbi Cherkaoui).

Source : Site de Kaori Ito

En savoir plus

kaoriito.com

 

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