Merce Cunningham 1919-2009, La danse en héritage

2012
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Marie-Hélène Rebois suit l’ultime tournée rendant hommage à celui qui fut incontestablement l’un des artistes majeurs du XXe siècle. Son film pose la question de la transmission d’un patrimoine proprement immatériel.

 
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Merce Cunningham 1919-2009, La danse en héritage

Après la disparition de Merce Cunningham en 2009, sa compagnie s’apprête à se dissoudre pour laisser le Merce Cunningham Trust gérer l’héritage du chorégraphe. Marie-Hélène Rebois suit l’ultime tournée rendant hommage à celui qui fut incontestablement l’un des artistes majeurs du XXe siècle. Alternant moments de répétition, images d’archives et entretiens, son film pose la question de la transmission d’un patrimoine proprement immatériel.

C’est Merce Cunningham lui-même qui a souhaité qu’une fondation prenne le relais de la compagnie. Créée en 1954, la compagnie a vu se succéder plusieurs générations de danseurs. Pour cette tournée-hommage à travers plusieurs villes du monde entier, les derniers à avoir travaillé ses chorégraphies remontent les pièces emblématiques qui, de "Suite for Five" (1956) à "CRWDSPCR" (1993), illustrent l'évolution de son travail, au gré de ses rencontres avec les plus grands musiciens et plasticiens de son temps – Cage, Warhol, Johns, Rauschenberg – et des avancées technologiques – le logiciel Life Forms. Devant la caméra de Marie-Hélène Rebois, ses proches collaborateurs s’interrogent sur la façon de perpétuer une technique entièrement tournée vers l’expérimentation. Car si, après cette dernière tournée, de nombreuses sources – notes, photographies, films, vidéos – continueront à révéler le goût continu de Cunningham pour la nouveauté, rien ne remplacera la présence des danseurs sur scène. 

 

 

Générique

 

2012 , 56' , couleur , documentaire

Réalisation : Marie-Hélène Rebois.

Production : Daphnie Production, Arte France, AVRO, Centre Pompidou.

Participation : CNC, Mezzo, Procirep, Angoa, Scam.

 

 

 

Contact

 

Ministère de la Culture et de la Communication : claire.perrus@culture.gouv.fr

CNC Images de la culture : alain.sartelet@cnc.fr

 

Dernière mise à jour : août 2014

 

 

Cunningham, Merce

Merce Cunningham (1919-2009) est un artiste dont les œuvres se placent à la jonction entre la Modern Dance et la Post Modern Dance.

D'abord danseur chez Martha Graham, il entame ensuite un parcours de chorégraphe. Le concept à l'œuvre était alors celui du retour à l'origine, le retour aux sources avant la civilisation et ses méfaits. C'est donc dans ce contexte que Cunningham va composer ses premières pièces, accompagné du compositeur John Cage. Il quitte la compagnie de Graham en 1945 et crée ses premiers solos. En 1953, il fonde sa compagnie, la Merce Cunningham Dance Company au Black Mountain College, entouré de plasticiens comme Robert Rauschenberg et Jasper Johns, de compositeurs comme John Cage, Earle Brown, Morton Feldman, David Tudor, pour ne citer qu'eux. En 1951, 16 danses pour soliste et compagnie de trois va marquer le premier pas vers une inventivité radicale. Repoussant les limites de la création et de la composition chorégraphique, Cunningham utilise le hasard sur scène : muni de dés, il joue ainsi l'ordre des phrases de danse, l'entrée en scène des danseurs, la succession des séquences de musique... Ces procédés, également mis en œuvre par John Cage, leur permettent d'inventer Event en 1964. La danse, enfin déconnectée de la musique, est en mesure de tracer son propre chemin, de se concentrer uniquement sur elle-même. L'introduction de la notion de hasard constitue une manière d'aller au-delà de la création même, au-delà de son propre ego d'artiste. La liberté est rendue au spectateur qui est alors appelé à être actif. Libre de voir ou d'entendre ce qu'il veut, ce dernier se fait alors son propre créateur de sens. L'importance accordée à la dimension de l'aléatoire sera ainsi déterminante pour les générations suivantes. Chercheur infatigable, Merce Cunningham n'aura eu de cesse de repousser les limites de la danse tout au long de sa vie.

Rebois, Marie-Hélène

Marie-Hélène Rebois est une réalisatrice française née à Nancy.
Parallèlement à des études littéraires (khâgne, maîtrise de lettres, d'histoire de l'art et de philosophie) et à une formation théâtrale auprès du metteur en scène Jean-Marie Villégier et du Festival international de théâtre de Nancy, sa ville natale, Marie-Hélène Rebois réalise ses premiers courts métrages et devient cinéaste.
Elle développe dans ses films ses thèmes favoris, toujours à l'articulation du social et de la création artistique : il y sera question de sagas familiales, de voyages intérieurs, de religion, d'écriture, de musique, de peinture, d'opéra et de danse.
Elle collabore au travail pédagogique du département réalisation de La Femis de 1992 à 1997.
Elle travaille un an avec le Festival Montpellier Danse pour réaliser un film sur l'histoire du festival (« Montpellier Danse 1980-2000 ») et une soirée spéciale pour Arte (« Montpellier Danse 2000, points de vue d'Afrique »). Ce programme a obtenu une mention spéciale au 11e Grand Prix international vidéo danse.
En 2003, son film « Ribatz, Ribatz ou le Grain du temps » obtient le prix de la sélection française du Festival international de cinéma de Marseille.
Elle a aussi réalisé pour le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris un film sur l'analyse du corps dans le mouvement dansé : « Le Geste créateur » et, pour la SACD, un court métrage sur un numéro de cirque « Rondeau pour un fardeau », numéro de portés, ainsi que des portraits de la pianiste Vanessa Wagner, du chorégraphe Jean-Claude Gallotta et de la marionnettiste italienne Laura Kibel.
Dans « Dialogue avec les fauves », diffusé sur Arte, elle montre jusqu'où l'homme peut aller dans la communication avec les fauves, avec quel langage et quelle gestuelle.
« Noces d'or, la mort du chorégraphe », diffusé sur France 2, est le dernier volet de la trilogie que Marie-Hélène Rebois a imaginée et commencée après la mort du chorégraphe français Dominique Bagouet (les deux premiers volets étant « Histoire d'une transmission », « So Schnell à l'Opéra », 1999, et « Ribatz, Ribatz et le Grain du temps », 2003).
Elle a réalisé depuis pour Arte trois documentaires : « Maguy Marin, la danse cachée », « Montpellier Danse, 1980-2010, Zigzag, pour les 30 ans du Festival Montpellier Danse » et « Merce Cunningham, la danse en héritage », où elle suit l’ultime tournée rendant hommage à celui qui fut l’un des artistes majeurs du XXe siècle. Alternant moments de répétition, images d’archives et entretiens, son film pose la question de la transmission d’un patrimoine proprement immatériel.
En 2016, son dernier film, « Dans les pas de Trisha Brown », a été sélectionné au Festival international de cinéma de Marseille.

Sources: Ardèche Image; Film-documentaire.fr; CMCA

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Collections

Collection CNC - Images de la culture

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Sous l’égide du Ministère de la Culture et de la Communication, le catalogue Images de la culture, géré par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), présente 300 de ses films consacrés à la danse. Réunissant captations de spectacle, fictions, entretiens ou documentaires, cette collection donne à voir une précieuse diversité d’esthétiques et d’approches de l’art chorégraphique du XXe siècle à aujourd’hui.

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