Presque Don Quichotte

2010
Année de création : 1999

 
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Presque Don Quichotte

chorégraphie Jean-Claude Gallotta
interprètes Jean-Pierre Bonomo, Karoline Boureau, Ana Caetano, Yannick Hugron, William Patinot, Céline Remy, Thierry Verger, Béatrice Warrand

Avant toute chose, avant tout spectacle, la scène du théâtre est nue, aride comme la terre sèche de la Mancha, où rien ne semble pouvoir pousser, pas le moindre geste, pas le moindre mot. Puis soudain, surviennent de toutes parts, des silhouettes jetées, des corps sans ombres sous cent soleils, des illusions, des fantômes qui se révéleront être bientôt autant de corps réels, mobiles, à la chair éclatante, à l'énergie démesurée. C'est le début d'une aventure insensée, qui n'a pas encore de nom ni de destination, et qu'on appellera plus tard la danse. 
Une chorégraphie de Jean-Claude Gallotta est ainsi faite. On ne sait jamais d'où elle vient, quel est son village natal, quelles rencontres elle fera, quelles amours elle provoquera. C'est en se frayant son chemin qu'elle découvre son but, c'est en écoutant le choc des corps qu'elle déchiffre son rythme. Elle s'invente comme le roman de Cervantès : à mesure qu'elle s'écrit. 
Cette nouvelle chorégraphie emprunte à Don Quichotte ses élans, ses toquades, ses combats chimériques, ses rêves d'amour. Comme lui, elle se rend capable de prouesses et de fatigues, de sublime et de grotesque, parcourue comme lui, sur toute la longueur de sa colonne vertébrale, par le sentiment tragique de la vie.
Nous sommes tous des chevaliers errants, dit-elle par solidarité avec tous ceux à qui on refuse le droit d'accéder à leurs rêves, le droit d'être ce qu'ils sont, là où ils sont, le droit d'être l'autre qu'ils ont envie d'être. La danse ne cherche pas le repos. Sous ses airs de sainte Ytouche, elle milite pour l'homme et contre la haine qui le gagne. La danse cherche les ennuis.
Obstinément, Jean-Claude Gallotta poursuit son compagnonnage avec cette famille de héros inlassables dont Emile Dubois fut une ombre gigogne et Don Quichotte la figure de proue, de ces hommes qui ont su embrasser l'espace du monde à grands gestes et fouetter l'air devant eux pour ouvrir leur marche.
L'histoire raconte que, juchés sur leur propre monture, les interprètes de Jean-Claude Gallotta parcourent l'œuvre de Cervantès comme une lande qui s'étend jusqu'à nos jours. Mais les temps ont changé. A la croisée de l'imaginaire et du réel, du geste et de la parole, ils rencontrent souvent la réalité. La dure, la vraie, l'inévitable, l'indéguisable. Don Quichotte avait presque raison, aujourd'hui les géants ont succédé aux moulins à vent. La bataille sera furieuse et inégale.
Claude-Henri Buffard - 1998

 

Générique
chorégraphie Jean-Claude Gallotta
dramaturgie Claude-Henri Buffard
assistante à la chorégraphie Mathilde Altaraz
répétiteur Darrell Davis
costumes Laurent Pelly, assisté de Céline Marin
lumières Jean-Claude Gallotta et Sylvain Fabry
conception de la bande sonore Groupe Strigall
interprètes Jean-Pierre Bonomo, Karoline Boureau, Ana Caetano, Yannick Hugron, William Patinot, Céline Remy, Thierry Verger, Béatrice Warrand
production Centre chorégraphique national de Grenoble
coproduction l'Hippodrome – Scène nationale de Douai, le Cargo – Maison de la Culture de Grenoble
en associationavec l'Espace Malraux – Scène Nationale de Chambéry et de la Savoie

Réalisateur vidéo : Charles Picq
Production :
CCN de Grenoble

Gallotta, Jean-Claude

Après un séjour à New York à la fin des années 70 où il découvre l'univers de la post-modern Dance (Merce Cunningham, Yvonne Rainer, Lucinda Childs, Trisha Brown, Steve Paxton, Stuart Sherman...), Jean-Claude Gallotta fonde à Grenoble – avec Mathilde Altaraz – le Groupe Émile Dubois qui deviendra Centre chorégraphique national en 1984. Installé depuis ses débuts à la Maison de la culture (dont il sera le directeur de 1986 à 1989), il y crée plus de soixante chorégraphies présentées sur tous les continents, dont Ulysse, Mammame, Docteur Labus, Presque Don Quichotte, les Larmes de Marco Polo, 99 duos, Trois générations, Cher Ulysse...


Il a également chorégraphié plusieurs pièces pour le Ballet de l'Opéra de Lyon et pour le Ballet de l'Opéra de Paris. Invité par le metteur en scène Tadashi Suzuki à Shizuoka (Japon), il y a créé et fait travailler une compagnie japonaise de 1997 à 2000. Après l'Homme à tête de chou (à partir de l'album de Serge Gainsbourg dans une version d'Alain Bashung) en 2009, il crée en 2011 Daphnis é Chloé (Théâtre de la Ville) et le Sacre du printemps (Théâtre national de Chaillot) ; fin 2012, il présente Racheter la mort des gestes - Chroniques chorégraphiques 1 au Théâtre de la Ville, puis à la MC2 ; début 2013, la recréation d'Yvan Vaffan cherchant ainsi patiemment à partager avec le public un même récit, celui d'une histoire et d'un avenir artistique communs.

En octobre 2013, il co-signe le spectacle l'Histoire du soldat de Stravinsky et l'Amour sorcier de Manuel de Falla avec le chef d'orchestre Marc Minkowski et le metteur en scène Jacques Osinski. En 14-15, il présente le Sacre et ses révolutions à la Philharmonie de Parie et en juin, crée l'Étranger à partir du roman d'Albert Camus à la MC2 : Grenoble.

Il ouvre la saison 2015-2016 avec My Rock à la MC2 : Grenoble, puis au Théâtre du Rond-Point à Paris.

 

 

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Groupe Émile Dubois / Compagnie Jean-Claude Gallotta

Groupe Émile Dubois / Compagnie Jean-Claude Gallotta

Jean-Claude Gallotta est aujourd'hui à la tête de sa propre compagnie, le Groupe Émile Dubois, avec lequel il continue à travailler à l'extension du domaine de la danse : dialogue permanent entre création et répertoire, entre territoires de proximité et grandes scènes nationales et internationales. Quatre-vingt pièces en constituent le fonds, d'Ulysse, Daphnis é Chloé ou Mammame à l'Homme à tête de chou, Racheter la morts des gestes, l'Étranger ou My Rock.

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