Larmes blanches

1987
Année de création : 1985

 
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Larmes blanches

LARMES BLANCHES / Création 1985

Chorégraphie Angelin Preljocaj
Pièce pour 4 danseurs

Dès Larmes blanches, Angelin Preljocaj choisit la virtuosité. Les gestes secs déploient leur énergie dans des volumes réduits, exigent une vitesse maximale et des arrêts soudains, une mémoire sans faille. Les phrases dansées à l'unisson, interdisent le moindre décalage de rythme, d'ampleur, d'espace. Les corps et les gestes sont dupliqués, mais ce sont les antagonismes qui frappent : asymétrie des costumes, tiraillement entre les ports arrondis et les gestes obliques, opposition entre le clavecin et l'électroacoustique, entre la dentelle blanche et le cuir noir. La danse imprégnée d'élans baroques s'interdit pourtant toute joie, et la chair confrontée à la sècheresse des cordes pincées ne peut s'alanguir. Mais les quelques instants où la tendresse s'esquisse font vibrer la nostalgie d'un lieu où l'émotion était possible : la mécanique n'est là que pour masquer l'absence, et la multiplication des corps exécutant les mêmes gestes dessine, en abyme, le reflet d'un monde oublié.

Source : Ballet Preljocaj

Extrait de presse

«... un Preljocaj méconnaissable, libéré, inspiré, laisse passer dans sa nouvelle chorégraphie un souffle poétique sans entrave... Il compose une pièce d'amour raffinée et tendre. Il s'y livre corps et âme... ... Tout commence dans un prélude statique; deux danseurs aux aguets fixent quelques particularités de mouvements élémentaires. Puis un quatuor prend son envol, sur tous les vecteurs de l'aire scénique, dans une variété d'échelles et de registres très riches. Le geste mécanisé, sans étapes transitoires, revient. Mais arrondi aussitôt, dans un lié doux, ondoyant, avec des réminiscences baroques, des figures surannées qui, à leur tour, se raidissent et se cassent. Alternances délibérées de style qui se superposent en un permanent trompe-l'oeil... Preljocaj est un musicien lui-même, on s'en doutait. Fasciné par le contrepoint, il compose sa danse comme une polyphonie orchestrale ...Larmes blanches est une pièce délicate qui traite des rapports obscurs de deux couples aux prises avec les conventions de la vie. Les danseurs développent des esquisses du vocabulaire classique, le détournent, lui donnent des angles vifs et des accélérations surprenantes.  »
Laurence Louppe, Pour la danse, janvier 1986

Générique

Chorégraphie Angelin Preljocaj Danseurs Angelin Preljocaj, Nuch, Catherine Beziex et Christophe Haleb Musique Jean-Sébastien Bach, Claude Balbastre, Henri Purcell  Bande son Marc Krief  Costumes Annick Goncalves Lumières Jacques Chatelet Choréologue Dany Lévêque
Production Compagnie Preljocaj

Primée au forum de l'A.R.I.A.M. Ile-de-France en janvier 1986

Durée 20 minutes

Réalisation vidéo Charles Picq

Mise à jour : juin 2013

Preljocaj, Angelin

Né en France en 1957, de parents albanais, Angelin Preljocaj débute des études de danse classique avant de se tourner vers la danse contemporaine auprès de Karin Waehner.
En 1980, il part pour New York afin de travailler avec Zena Rommett et Merce Cunningham, puis continue ses études en France auprès de la chorégraphe américaine Viola Farber et du français Quentin Rouillier. Il rejoint ensuite Dominique Bagouet jusqu’à la création de sa propre compagnie en décembre 1984. Il a chorégraphié depuis 50 pièces, du solo aux grandes formes. Angelin Preljocaj s’associe régulièrement à d’autres artistes dans des domaines divers tels que la musique (Goran Vejvoda, Air, Laurent Garnier, Granular Synthesis, Karlheinz Stockhausen), les arts plastiques (Claude Lévêque, Subodh Gupta, Adel Abdessemed), le design (Constance Guisset), la mode (Jean Paul Gaultier, Azzedine Alaïa), le dessin (Enki Bilal) et la littérature (Pascal Quignard, Laurent Mauvignier)…

Ses créations sont reprises au répertoire de nombreuses compagnies, dont il reçoit également des commandes, c’est le cas notamment de « La Scala » de Milan, du New York City Ballet et du Ballet de l’Opéra national de Paris. Il a réalisé des courts-métrages (« Le postier », « Idées noires » en 1991) et plusieurs films, notamment « Un trait d’union » et « Annonciation » (1992 et 2003). En 2009, il réalise le film « Blanche Neige » et en 2011 il signe, pour Air France, le film publicitaire « L’Envol », qui reprend la chorégraphie du Parc. Il a également collaboré à plusieurs réalisations cinématographiques mettant en scène ses chorégraphies : « Les Raboteurs » avec Cyril Collard d’après l’œuvre de Gustave Caillebotte en 1988, « Pavillon Noir » avec Pierre Coulibeuf en 2006 et « Eldorado / Preljocaj » avec Olivier Assayas en 2007.

Aujourd’hui composé de 24 danseurs permanents, le Ballet Preljocaj est installé depuis octobre 2006 au Pavillon Noir à Aix-en-Provence, un lieu entièrement dédié à la danse dont Angelin Preljocaj est le directeur artistique. Sa dernière création "La Fresque" a été présentée au Grand Théâtre de Provence du 20 au 24 septembre 2016. Réalisé avec Valérie Müller, le premier long-métrage d’Angelin Preljocaj, "Polina", danser sa vie, adapté de la bande-dessinée de Bastien Vivès, est sorti en salle en novembre 2016.

Source: Ballet Preljocaj ⎜Pavillon Noir

En savoir plus

preljocaj.org