Cendrillon

1986
Année de création : 1985
Déposée par : Numeridanse.tv

En transposant le conte de Cendrillon Maguy Marin et sa décoratrice Montserrat Casanova ne détruisent pas le merveilleux mais elles donnent à cet univers onirique la profondeur mélancolique de l'innocence perdue.

 
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Cendrillon

Chorégraphie et mise en scène Maguy Marin

En transposant le conte de Cendrillon dans l'univers des jouets, où s'animent des poupées aussi inoffensives en apparence que cruelles dans leurs comportements, Maguy Marin et sa décoratrice Montserrat Casanova ne détruisent pas le merveilleux (il y a toujours une marraine aux pouvoirs magiques et un prince charmant pour partir à la recherche de celle à qui appartient le chausson abandonné à minuit, lors du bal), mais elles donnent à cet univers onirique la profondeur mélancolique de l'innocence perdue.
La maison/ palais de carton-pâte ouvre ses portes pour dévoiler à chaque étage de vraies souffrances, des joies sincères, des tendresses pudiques, des jalousies et des méchancetés bien humaines, émises par ces personnages aux têtes de bébés en celluloïd et à la gestuelle malhabile.
Défi au perfectionnisme individualiste du ballet classique, les masques qui recouvrent les visages des danseurs et les costumes rembourrés qui déforment leurs corps annoncent cette non-caractérisation des interprètes que recherche la chorégraphe aujourd'hui.
“Le fait que nous n'avions pas à nous préoccuper de l'expression des visages – ici masqués – ni même des corps – enrobés de mousse – me permettait un traitement “naïf“ et décalé du langage classique.“
Loin de s'en trouver “dépersonnalisée“, la danse gagne en humanité, rendant touchants les personnages. Alors, sur la musique vive et prenante de Prokofiev (1945), la féerie peut se faire fable, porteuse d'espoir : elle nous enseigne qu'à force de courage – comme cette jeune fille (ayant perdu sa mère, et son père s'étant remarié, Cendrillon est maltraitée par sa marâtre et ses demi-soeurs) – on peut se sortir d'une situation malheureuse, par son seul mérite et sa seule bonté.
Un spectacle enchanteur qui s'adresse directement aux enfants et aux adultes qui ont su garder en eux le souvenir des émotions juvéniles.
Source : programme Opéra de Lyon

Générique

Chorégraphie Maguy Marin interprétation Ballet de l'Opéra national de Lyon direction Yorgos Loukos musique Sergei Prokofiev décors et costumes Montserrat Casanova lumières John Spradbery directeur technique Roland Karlsen producteur Christina Hörnblad
Réalisation vidéo Mâns Reuterswärd
Directeur général Jean-Pierre Brossmann administrateur général Jacques Hédouin

Production SVT-1 et RM ARTS en association avec LA SEPT, Channel 4 et ZDF.
1989
Durée : 87 min

DVD DISPONIBLE CHEZ ARTHAUS MUSIK : www.arthaus-musik.com

Mise à jour Juin 2012

 

Marin, Maguy

Danseuse et chorégraphe née à Toulouse, Maguy Marin étudie la danse classique au Conservatoire de Toulouse puis entre au ballet de Strasbourg avant de rejoindre Mudra (Bruxelles), l’école pluridisciplinaire de Maurice Béjart. En 1978, elle crée avec Daniel Ambash le Ballet-Théâtre de l’Arche qui deviendra en 1984 la Compagnie Maguy Marin. Le Centre chorégraphique national de Créteil et du Val-de-Marne voit le jour en 1985: là se poursuivent un travail artistique assidu et une intense diffusion de par le monde.
En 1987, la rencontre avec le musicien-compositeur Denis Mariotte donne lieu à une longue collaboration.
Une nouvelle implantation en 1998, pour un nouveau Centre Chorégraphique National à  Rillieux-la-Pape. Un “nous, en temps et lieu” qui renforce notre capacité à faire surgir « ces forces diagonales résistantes à l’oubli » (H. Arendt).
L’année 2011 sera celle d’une remise en chantier des modalités dans lesquelles s’effectuent la réflexion et le travail de la compagnie. Après l’intensité des années passées au CCN de Rillieux-la-Pape, s’ouvre la nécessité d’une nouvelle étape à partir d’un ancrage dans la ville de Toulouse à partir de 2012. En janvier 2015, Maguy Marin et la compagnie retrouvent l'agglomération lyonnaise. Une installation à Ramdam à Sainte-Foy-lès-Lyon qui enclenche le déploiement d’un nouveau projet ambitieux : ramdam, un centre d’art.

Source  : Compagnie Maguy Marin

En savoir plus

compagnie-maguy-marin.fr

Le Ballet de l'Opéra de Lyon

Dès son arrivée en 1969 à la tète de l’ "Opéra Nouveau de Lyon", Louis Erlo donne à la danse une place de choix. Pour la première fois, en dehors de Paris, une maison d’Opéra accorde à sa compagnie de ballet des soirées entières consacrées à la danse.

Dès lors, celle-ci n’a cessé de s’ouvrir à tous les affluents, qu’ils soient fleuves ou rivières, voisins ou lointains, harmonieux ou tumultueux. Mais dans tous les cas, talentueux. Cette vivifiante ouverture au monde, le Ballet de l’Opéra de Lyon l’a vécue d’emblée, avec ses premiers directeurs, l’Italien Vittorio Biagi, puis le yougoslave Milko Speremblek et le né-zélandais Gray Veredon, tous dans la mouvance néo-classique et béjartienne de l’époque.

Mais c’est Françoise Adret qui, à partir de 1985, va donner à la compagnie une  tournure résolument plurielle. La "mère Adret" à comme l’appellent affectueusement ses danseurs a un œil, du bagout et un solide carnet d’adresses. Surtout, cette Française qui a beaucoup voyagé a pour mission de donner à cette troupe une dimension nationale et internationale. Elle constitue un répertoire sur un double spectre : les grands chorégraphes internationaux encore peu demandés, (et non des moindres, entre Jiří Kylián, Mats Ek, Nacho Duato ou William Forsythe) et la chance donnée à la "jeune danse française" (Mathilde Monnier, Maryse Delente, Angelin Preljocaj)… Dans toute troupe, il y a des temps de grâce, Mais à Lyon, un moment d’éclat allait changer le cours des choses. En 1985, personne n’imaginait qu’une poupée magique (la Cendrillon de Maguy Marin) ferait faire le tour du monde à la compagnie, avec pas moins de trois tournées aux États-Unis la seule année 1987… Trois ans plus tard, Lyon récidivait en créant la fameuse relecture de Roméo et Juliette par Angelin Prejlocaj. Nouveau défi (c’est, pour le chorégraphe, sa première commande d’importance), et nouvelle pièce mémorable. Les dés étaient jetés…

Lorsqu’en 1991, le Grec Yorkos Loukos alors maître de ballet-directeur succède à Françoise Adret, le pli est pris et se démultiplie jusqu’à aujourd’hui, avec une palette "choré-graphique" d’une grande ouverture d’esprit. Maguy Marin devenue chorégraphe résidente fait encore des étincelles lorsqu’en 1993, elle inaugure le nouvel Opéra de Lyon avec une version déjantée de Coppélia en goguette dans la banlieue lyonnaise. Détours vers l’histoire de la danse, regards sur la danse au présent, visions de ce qu’elle sera demain, pluralité des styles, des âges des chorégraphes, de leurs origines, de leur formation : la force du Ballet de l’Opéra de Lyon, c’est justement de n’avoir pas de spécificité, mais un répertoire extrêmement diversifié revendique Yorgos Loukos. Autant dire que cela attire le public (qui aime la nouveauté) et les jeunes danseurs d’aujourd’hui, adeptes et aguerris aux changements de style. Même les professeurs ne sont pas à demeure, qui changent tous les mois, pour s’interdire toute routine.

Aujourd’hui, la compagnie possède un répertoire de 117 œuvres dont plus de la moitié sont des créations. Lister les chorégraphes venus travailler à Lyon, c’est rappeler l’importance des pionniers de la nouvelle danse française (Mathilde Monnier, Jean-Claude Gallotta) et de leurs jeunes cousins (de Jérôme Bel à Christian Rizzo, Alain Buffard ou Rachid Ouramdane). C’est rejoindre les ténors de la modern dance américaine (Trisha Brown, Merce Cunningham, Lucinda Childs), de l’énergie post-classique (William Forsythe, Benjamin Millepied) et de la "next wave" (comme Otto Ramstad). C’est explorer la musicalité belge (de Keersmaeker) la théâtralité suédoise (Mats Ek), le lyrisme tchèque (Jiří Kylián), la puissance israélienne (Ohad Naharin, Emanuel Gat). C’est habituer son regard aux petits nouveaux (Tania Carvalho, Alessandro Sciarroni, Marina Mascarell..). C’est être… aux confluences d’une danse plus que jamais ouverte sur le monde.

Source: Site de l'Opéra de Lyon 

En savoir plus

opera-lyon.com 

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European Video Dance Heritage est un projet européen de deux ans, sur le thème de la conservation et de la diffusion de la vidéo de danse, coordonné par la Maison de la Danse et co-organisé par différentes structures culturelles de pays européens et de nombreux partenaires associés.

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